09 mai 2008

Velo is in the air

parterre de fleurs du parc municipal
Les campagnes de la ville de Luxembourg pour le Vél'Oh! vous disent que c'est tendance, des concours vous font miroiter des week-ends de luxe à Paris si vous allez au travail à bicyclette, la hausse des prix des carburants vous y encourage, les écologistes soutiennent que c'est bon pour l'environnement et les médecins pour votre santé. Mais tout ceci ne sera pas suffisant pour vous mettre en selle, il vous faut des vraies bonnes raisons pour faire du vélo :

  • Dégoûtez les conducteurs de Porsche Cayenne, BMW M5 ou Ferrari, avec leurs jantes alu ridiculement petites. Vous, vous êtes montés en 26 pouces. Sans parler de vos 18 vitesses.
  • Même avec un porte-bagages (ou porte-paquets pour nos amis belges, toujours plus précis et moins prétentieux que les Français qui s'imaginent pouvoir charger une malle l'arrière de leur vélo), vous ne risquez pas d'être réquisitionné par votre femme qui vous téléphone à 17h45 pour vous demander gentiment si vous ne pouvez pas faire un saut au Cactus ramener 3 packs d'eau minérale.
  • Coincé entre deux monstres de métal aux pots d'échappement fumant, confortez vos a priori négatifs contre les conducteurs de bus et de 4x4, qui se prennent pour les rois du macadam.
  • Garez-vous n'importe où, sans vignette et sans ticket de parking, sans crainte de vous retrouver avec un petit sachet plastique déposé par un fonctionnaire de la police grand-ducale désireux d'arrondir ses fins de mois.
  • Profitez des beaux parterres de fleurs changés toutes les semaines, des écureuils, des oiseaux et des minijupes en coupant par le parc municipal.
  • En attendant la suppression d'une voie sur l'A-31 entre Thionville et Luxembourg pour la transformer en piste cyclable, occupez déjà celles qui ont été créées à travers la ville, de façon plus ou moins réfléchie (mention spéciale à la route d'Esch).
  • A moins d'être surentraîné, roulez sans crainte des radars.
A part ça, j'ai relevé un nouvel avatar de la fameuse légende urbaine luxembourgeoise sur les voisins qui partent en vacances dans leur cave : l'édito du Nightlife du mois de mai en donne une version assez conforme, en forçant juste un peu sur les détails.

07 mai 2008

Rondo Veneziano


Il y a un moyen pour connaître la température à Luxembourg quand on n'a pas de thermomètre à disposition. Il suffit d'appliquer le "Théorème de Veneziano" (rien à voir avec le défunt groupe d'Italiens déguisés en Marie-Antoinette qui jouait de la musique classique au synthé). Des chercheurs du CRP de sciences appliquées de Larochette auraient, en effet, démontré qu'il existait un "gradient du cornet de glace en centre ville" qui modéliserait assez précisément le climat local. On peut définir ce gradient du cornet de glace par "la distance moyenne à laquelle on trouve la concentration maximum de personnes mangeant une glace dans un cercle de centre égal au 14 rue Philippe II"

Expliquons :
Les glaces proviennent d'un point unique, la concurrence n'étant pas suffisamment compétitive. A partir de cet endroit, où l'on trouve le caffé gelateria Veneziano, le mangeur de glace peut se diriger à pieds dans n'importe quelle direction.
Lorsqu'il fait très froid, personne ne mange de glace. Du coup, même si la distance est potentiellement infinie, puisque la crème glacée ne fond pas, le gradient reste nul.
Lorsque la température est, par exemple, de 10°, il y a quelques personnes qui mangent une glace. Ces gens là ne sont pas pressés, puisque la fonte est relativement lente. Leur nombre reste faible et homogène, dans un rayon égal à la vitesse de marche à pieds (4 kms/h) multiplié par le temps moyen pour manger une glace lentement (8 minutes), soit environ 534 mètres.
Lorsque la température augmente, il y a plus de gens qui achètent un cornet. Mais ces gens ne peuvent pas lambiner, car c'est de la bonne crème glacée, qui se trouvera vite sur leurs chaussures s'ils ne se dépêchent pas. Du coup, le gradient augmente en intensité dans un mouvement inverse au rétrécissement de son périmètre.

Un exemple simple : si le nombre de personnes mangeant un cornet du Veneziano sur la place d'armes est compris entre 17 et 21, c'est qu'il fait entre 18° C et 30° C (en-dessous, il n'y aura pas autant de gens qui sont intéressés par une glace, au-dessus, certains l'auront déjà terminée avant d'y arriver). Si c'est précisément à cet endroit que le nombre de gens mangeant une glace est maximum, c'est qu'il fait exactement 21,8 ° C.

Ce phénomène s'explique par une remarquable conjonction d'éléments favorables :

  • Le prix du cornet permet d'éviter tout frein économique (1 € la boule, résistant aux effets conjugués de l'inflation, de l'index des salaires et de la hausse des prix des matières premières).
  • La qualité du produit garantit que le nombre de personnes se laissant tenter reste élevé, y compris pour les palais les plus difficiles grâce au choix étendu des parfums (chocolat, cerise variegato, nougat brun, nougat blanc, caramel, myrtilles, crème anglaise, pistache, vanille, citron, fraise, tropical, yaourt, noisette, stracciatella, café...)
  • La file d'attente significative permet également aux visiteurs et touristes ne connaissant pas l'endroit de contribuer à la vérification du phénomène en se laissant tenter à leur tour.
  • Le rythme de service est constant est élevé, justement grâce à la simplicité du tarif : vous avez intérêt à avoir réfléchi au parfum qui vous intéresse et à avoir préparé vos pièces. Toutes les 5 à 6 secondes, un nouveau mangeur de glace est ainsi mis dans le circuit.
  • Enfin, l'emplacement central, à un carrefour entre 2 rues piétonnes, garantit une diffusion relativement homogène des passants à partir de ce point. Les gens sont, a priori, autant partants pour la place d'armes que pour Hamilius, et autant pour la vallée de la Pétrusse que pour le Glacis.

Bon, sinon, il y a aussi un thermomètre digital au dessus de Mister Copy sur le boulevard Royal...

29 avril 2008

Pour 100 balles, t'as plus l'air de rien

Ici, on n'a pas beaucoup de ponts, mais y a de la place en-dessous

J'écrivais récemment que le nombre de mendiants à Paris me surprenait de plus en plus, à chaque fois que j'y allais. Ce à quoi un commentaire répondait que Luxembourg comptait également son nombre de clochards. Effectivement, habitant Bonnevoie, je ne peux que constater qu'une dizaine de personnes ont l'habitude de trainer sur la place Léon XIII, devant l'église. Néanmoins, et heureusement, le phénomène semble beaucoup plus limité. La relative concentration dans ce quartier est due, j'imagine sans trop prendre de risques, à la présence d'un foyer d'hébergement à proximité.

Par contre, c'est avenue de la Gare que, semble-t-il, la mendicité devient de plus en plus active. Et, ce qui est étonnant, même si on sait que le niveau de vie est assez élevé au Grand Duché, c'est quand on vous répond, après que vous ayez glissé une pièce de 2 euros à un SDF qui brandissait une photo de son enfant sous votre poussette :

"C'est tout ? J'ai même pas de quoi acheter un hamburger !" (véridique)

Dans ces cas là, évidemment, vous êtes tellement étonné que vous n'avez pas la présence d'esprit de lui demander s'il accepte la carte bleue. Ou s'il espérait un billet de 100 pour aller chez Mosconi. Résultat, vous répondez "ben oui" et vous réalisez que, en fait, il n'existe pas de pièce plus grosse que ça, et qu'il est assez rare qu'un type vous accoste en vous demandant "un petit billet s'il vous plaît". Les pièces jaunes, je n'en parle même pas, vous pouvez les garder pour David Douillet. La prochaine étape, j'imagine que c'est directement d'inscrire son code IBAN pour recevoir des virements.