26 septembre 2005

Une semaine de vacances au soleil de France

On avait un peu hésité à partir ou pas, et de toute façon pas en avion puisque ce sont nos employeurs respectifs qui se chargent de nous emmener aux quatres coins du monde : Je reviens juste de Madagascar et Anne part bientôt en Grêce. Finalement, on s'était décidé pour passer une semaine dans ma famille, en espérant que le temps soit clément. Nos souhaits furent exaucés au-delà de nos espérances! Merci Saint-Gillot-Pétré.
Première destination de la semaine, le nord de la Bourgogne, à Héry très précisément. Nous avons pu manger des kilos de raisins, d'ailleurs c'est le début des vendanges dans le Chablisien, juste à côté.

Sur la photo, d'ailleurs, on distingue, au mileu du futur Chablis 2005, Anne, Cécile, Julien et Eric. On a goûté un ou deux grains, difficile de dire en avant-première si ce sera ou non un grand cru... c'est un peu jeune tout ça!
Ensuite, nous avons effectué une transhumance vers le sud, et la région stéphanoise, en faisant une petite halte gastronomique à Saulieu, chez Bernard Loiseau (enfin, son successeur), histoire de fêter les 26 ans d'Anne d'une part, et de ne pas faire mentir le collègue qui nous trouvait "bien épicuriens..." quand il était venu manger il ya quelques mois à la maison. Une fois l'estomac bien rempli, on a continué par les petites routes pour rejoindre Beaune, y visiter les hospices (mais sans acheter de vin, restons raisonnables, malgré un passage par Pommard, Volnay et Meursault)
Arrivés à Saint-Etienne, on a fait quelques petites randonnées dans la région et en Haute-Loire, soit en couple, soit avec mes parents.

Hé oui, il n'y a pas que le Stade Geoffroy Guichard comme but de sortie dans la ville verte, et heureusement vu les derniers résultats de l'ASSE...
Pour terminer notre semaine de congés (enfin la mienne, Anne en a une deuxième) on est montés sur Paris pour le week-end. Samedi soir, on a bien mangé dans un resto un peu branché nommé le Pub Saint Germain. Et le dimanche, on a fait un pique-nique... à l'intérieur (ça doit être une tradition parisienne ?), avec une bonne douzaine de cousins et cousines, y compris leurs éventuels rejetons. Voilà, et mercredi, retour au boulot! Et sous une bonne pluie luxembourgeoise s'il vous plaît...

07 septembre 2005

Une semaine à Madagascar : La soupe

En déplacement, comme s’il ne suffisait pas de manger tout seul au restaurant, en faisant tous les gestes au ralenti afin que le repas dure plus de 10 minutes, en remâchant 20 fois chaque bouchée, en écoutant les conversations des tables d’à côté ou en noircissant une grille de mots croisés, il faut, pour compléter ce supplice, se farcir des kilomètres de musique d’ascenseur. Entre Rod Stewart façon flûte de pan et Stan Getz au ralenti, en passant par une bouillie à base de Vangelis, de Beatles ou de Lionel Ritchie, il ne faut pas chercher bien loin les causes du blues du businessman.
Samedi soir, pour changer, ce n’était pas du easy listening en conserve, qui m’a accompagné pendant le dîner. En effet, un Malgache égrenait avec une égale mélancolie des succès internationaux plus ou moins avariés, à l’aide d’un instrument typique, formé d’une caisse de résonance sur laquelle étaient fixées des cordes de longueurs diverses.
Evita, Michel Delpech, Adamo, l’inévitable « MyWay », son répertoire semblait n’avoir aucune limite. Au bout d’une heure de cette soupe tiédasse, malgré un repas par ailleurs fort honorable, je m’en allais regarder le match éliminatoire de la coupe du Monde « France – îles Féroé ».
Le dimanche, avant de refaire mes valises pour Luxembourg, je suis allé voir des lémuriens et profiter des premiers rayons de soleil de la semaine, sous des tropiques plus froids que prévu, au parc zoologique de Tzimbazaza.

04 septembre 2005

Une semaine à Madagascar : Ambohimanga

J’ai commencé à écrire mes messages sur Mada pour ce blog ce samedi soir, en revenant de la piscine du moins 2, après un sauna, 25 longueurs et une demi-heure de vélo d’appartement : Quitte à passer deux jours entiers tout seul, autant en profiter pour débuter dans une activité qui requiert calme et concentration : l’écriture.
En effet, si la semaine était bien chargée côté travail, il reste toujours le week-end à occuper. En plus j’ai tendance à avoir envie de profiter de la région où je me déplace, même si c’est pour raisons professionnelles. Si la trentaine d’heures d’avion peut également être l’occasion de découvrir le coin, tant mieux !
L’année dernière, j’étais allé du côté du lac Itasy (prononcer « Itache »), avec 3 ou 4 collègues et clients, en déplacement eux aussi :
Cette année, par contre, j’étais seul le week-end, et j’ai donc demandé au chauffeur ce qu’on pouvait faire (oui, j’avais un chauffeur, mais il faut plutôt voir ça comme un « taxi non officiel » que comme un gars en livrée dans une limousine… en gros un gars qui gagne sa vie en conduisant des relations dans sa vieille 205 pour arrondir ses fins de mois). Au début il m’avait proposé Andasibe, mais finalement cela s’est avéré faire beaucoup de route, pour un temps sur place très court, car il devait être de retour sur Tana en fin d’après-midi. Alors on est allés à Ambohimanga, qui est un lieu touristique attirant essentiellement des visiteurs locaux. En effet, c’est le palais historique du premier roi du pays, Andrianampoinimerina. Voici à quoi ça ressemble :
Tout ça pour dire que les noms des autochtones sont vraiment incroyables. Par exemple, un ingénieur de l’entreprise à laquelle je rendais visite s’appelle « Mandrindra Hajainjo Rakotovao ». On ne s’en rappelle pas forcément du premier coup. Pareil quand on vous explique les dynasties malgaches, ou les quartiers de la capitale. ..Bref, j’ai pas demandé, mais je crois que le Scrabble ici se joue sur une grille de 120 x 120 cases. Et que les parties des « chiffres et les lettres » doivent durent au moins 4 heures. Voyelle. Consonne. Voyelle. Consonne. Voyelle. Voyelle. Consonne. Voyelle. Voyelle. Voyelle. Voyelle. Consonne. Voyelle. Consonne. Voyelle…

03 septembre 2005

Une semaine à Madagascar : Les voitures

Entre les vieux qui se plaignent du bon vieux temps et les gens qui attendent des jours meilleurs, on se dit vraiment qu’une des preuves que Dieu n’existe pas c’est qu’on ne vit ni dans le passé, ni dans le futur, mais dans un présent médiocre.
Un exemple flagrant de cette éternelle insatisfaction de l’être humain vis-à-vis de l’époque dans laquelle il vit est la voiture. Quel rapport avec mon séjour à Madagascar me demanderez-vous ? Hé bien, aller à Madagascar offre quand même dans bien des domaines l’occasion d’un voyage dans le passé, et dans le domaine automobile en particulier. Ici, les 2CV, les 4L (alias le « 4x4 malgache »), les R12, R6, les SIMCA, Peugeot 403, 404, 304 et compagnie sont monnaie courante. Il y a un restaurant, que je vous conseille, qui s’appelle La Varangue (ils font aussi maison d’hôtes, mais disposent de très peu de chambres, d’ailleurs, pour le resto aussi il est conseillé de réserver), un restaurant, disais-je, où je viens de manger, qui a dans sa cour intérieure une superbe voiture ai-je remarqué en entrant. En fait, cette voiture est une Peugeot 203, repeinte en 2 couleurs, avec sièges en cuir et vraiment très bien entretenue. Hé bien ça a autant de gueule qu’une vieille anglaise. D’ailleurs, quand on regarde les vieilles voitures, d’un âge supérieur à 30 ans, en général on les trouve jolies (sauf peut-être les « ami 8 » qui méritent une place d’honneur au panthéon toutes catégories de la laideur).
Quand on regarde les prototypes des constructeurs automobiles, on a aussi tendance à les trouver toujours jolies : vives, racées, séduisantes. Le futur a des attraits autres que le passé, mais tout aussi séduisants. Par contre, quand on pense aux voitures sorties depuis plus d’un an et moins de 30, en général c’est la catastrophe ! Qui osera dire que, justement, la 206 ou la 205 sont aussi réussies que leur aïeule la 203 ? Qui peut trouver belle une R-18, une R-11 ou une R-9 ? Est-ce que, dans 50 ans, des gens collectionneront les Vel-Satis ? J’en doute, et pourtant, dans les rues de Tana, les vieux clous, même en piteux état, même avec 300 000 bornes au compteur avaient sans doute moins de charme dans leur jeunesse.

02 septembre 2005

Une semaine à Madagascar : Les fraises

Dans les pays étrangers, surtout en Afrique, l’occidental ne mange jamais complètement sans arrière-pensée. Le démon de la turista plane au-dessus de chaque assiette, dans chaque glaçon, dans chaque bouteille de coca qui n’est pas décapsulée devant vous (selon les recommandations des guides touristiques, il faudrait EXIGER qu’on ouvre toute bouteille sous vos yeux, dans la pratique, on fait comme on peut).
Depuis quelques temps, Dieu merci, j’ai réussi à passer à côté de ces épreuves quelque peu déplaisantes, que sont la découverte de certains lieux certes typiques mais ne valant en général pas le détour : les toilettes qu’on n’a pas eu le temps de sélectionner. En fait, je préfère en général aux tentatives de cuisine internationale les plats locaux, souvent à base de riz, et bien épicés, et surtout je modère les quantités, même quand c’est bon.

A Madagascar, on mange des tonnes de riz. Les locaux boivent même de « l’eau de riz brûlé » qui, comme son nom l’indique, est une eau rendue jaunâtre par la cuisson prolongée du riz. Même si ça doit bien cimenter les intestins, je n’ai pas tenté. Le zébu, par contre, remplace sans problème notre bœuf, et il y a des tonnes de poissons, de camarons, de champignons, de fruits et de légumes. A propos de fruits, on m’a raconté une histoire qui m’a vacciné de toute envie de manger des fraises :
Il paraît que les Malgaches utilisent souvent le lisier de porc comme engrais. Ceci n’est pas très grave quand les fruits ou légumes concernés ne poussent pas trop près du sol, ou qu’ils sont cuits, ou qu’ils sont bien lavés. Mais les fraises crues ne répondent à aucun de ces critères : elles poussent au ras du sol et il n’est pas possible de bien les frotter.
Du coup, il est possible qu’un petit ver, qui vit à l’intérieur du porc (tout le monde n’habite pas un logement digne de « Maison & Décoration »), se retrouve de temps à autres dans ses excréments, puis sur les fraises.Le ver n’est pas méchant. Quand vous mangez une fraise avec le fameux ver dessus, le ver rentre simplement dans votre corps. En général, le ver, habitué à un intérieur confortable, se déplace un peu dans votre corps, puis atterrit souvent à proximité du cerveau, qui a l’avantage d’être proche de votre bouche, elle-même point de passage obligé de bien des fraises que vous mangez. Là, le petit ver se met à l’aise et construit une petite coque autour de lui pour se protéger. Et c’est là que le bât blesse. La coque vient parfois appuyer sur un nerf vital, ce qui entraîne, forcément, la mort du mangeur de fraise. D’autres fois, la coque vient gêner un autre nerf, et vous devenez boiteux, ou myope, ou bègue, ou fou à lier, ou rien ne se passe.
Ca se soigne assez bien, en injectant un produit qui tue le ver et fait dégénérer la coque. Sauf si vous êtes mort, auquel cas cela ne sert pas à grand-chose, bien entendu. Le seul problème c’est que le ver se balade parfois quelques semaines ou quelques mois dans votre corps avant de former son petit nid douillet. Entre-temps, si vous n’êtes pas malgache, et que vous êtes rentrés dans le Loir-Et-Cher, allez faire le lien avec ce que vous avez mangé en voyage il y a déjà bien longtemps, et trouver un médecin qui connaît l’histoire des fraises malgaches…

01 septembre 2005

Une semaine à Madagascar : Les films

En déplacement seul, pas de secret, la quantité de films regardés à la journée augmente considérablement. Ca a commencé dans l’avion. Il faut dire que passer du pays le plus riche du monde à l’un des derniers du peloton ça ne se fait pas en une heure… mais en dix-sept.
Cette fois, décollant à 7h du matin de Luxembourg et arrivant à minuit à Tana, j’ai eu largement le temps d’élargir mon horizon culturel. J’ai fait le tour de toute la programmation disponible sur mon petit écran personnel, à l’exception d’un espèce de film d’action avec Tommy Lee Jones dont j’ai oublié jusqu’au titre. Pourtant je n’ai pas été sectaire : J’ai commencé avec « Un fil à la patte », une adaptation de la pièce de boulevard de Feydeau avec Emmanuelle Béart, Charles Berling, Patrick Timsit, plutôt distrayante. Puis, « Mélinda et Mélinda » de Woody Allen conforme à mes attentes : intelligent, subtil mais dont je serai incapable de me souvenir dans 6 mois. Parfait pour l’avion donc.
Après, forcément, le reste des films disponibles était un peu moins attrayant. J’ai d’abord opté pour « Mon petit doigt m’a dit », avec Dussolier et Catherine Frot. Hé bien, ça a beau être une adaptation d’un roman d’Agatha Christie, j’ai dû lutter pour ne pas m’endormir. Je craignais donc le pire pour les 2 derniers opus : « Sahara » avec Matthew Mc Connaughee (ça s’écrit comme ça ?) et Pénélope Cruz, à ma droite, « Miss FBI 2 » avec Sandra Bullock à ma gauche. Un combat de titans. Prenant mon ennui à deux mains, j’ai d’abord choisi le film d’aventure, où l’on voit bien qui sont les nouveaux méchants dans le cinéma américain d’aujourd’hui : les musulmans (ici, des noirs, histoire de changer des arabes) et … les Français. Lambert Wilson jour en effet le rôle d’un pollueur qui risque de contaminer la Terre entière depuis son usine du Mali, avec la complicité du dictateur local. Heureusement, le bellâtre de service (le fameux Machin Mac Quelquechose), est là avec son canif pour venir à bout, avec un pote à lui quand même, faut pas déconner, de l’armée Malienne entière. Au passage, il se tape Pénélope Cruz, sauve la Terre et retrouve l’épave d’un bateau de la guerre de Sécession (me demandez pas l’intérêt de ce dernier exploit, comme s’il n’en avait déjà pas assez fait, ça doit valoir son pesant de cacahuètes de l’autre côté de l’Atlantique).
Pour finir, après une telle expérience, j’étais donc quelque peu hésitant à lancer le «" Miss FBI 2 ». Inutile de préciser que je n’avais pas vu le premier épisode, mais je ne me faisais pas trop de souci sur la possibilité pouvoir m’en passer pour comprendre l’histoire. Effectivement, ce n’était pas indispensable. Ceci dit, le film était plutôt drôle et je n’ai pas regretté de l’avoir regardé.
Une fois arrivé à Madagascar, dans ma chambre d’hôtel j’ai également regardé quelques films honorable : « Le cœur des hommes » avec Darroussin, Lavoine, Darmont et Campan et une comédie, prise au vol sur TPS, avec Drew Barrymore et Ben Stiller qui achètent une maison dont le seul inconvénient, mais de taille, est d’être livré avec, au premier étage, une vieille locataire insupportable. Du coup, de mésaventure en mésaventure, et de gag en gag, le jeune couple en arrive à tout tenter pour s’en débarrasser. Jusqu’au meurtre. Mais sans succès. Finalement, à bout, ils revendent la baraque, malgré la moins-value. Et le jour où ils quittent la maison, ils s’aperçoivent que la vieille vient de mourir dans son fauteuil ! On apprend finalement que la locataire est la mère avec le promoteur immobilier qui rachète et revend la maison régulièrement à de nouveaux pigeons. Bon, ce n’est jamais évident de raconter un film, mais en tout cas c’était assez drôle. Et puis Ben Stiller est vraiment un acteur de comédie parfait !Finalement, je me suis aussi regardé sur l’ordinateur le DVD des « invasions barbares », qui m’a également bien plu.