Quand il fallait faire un bisou à la Tante Hortense pour lui souhaiter la bonne année, vous aviez déjà l'impression d'être légèrement hypocrite. Est-ce que vous tous ces voeux de bonheur, d'allégresse et de santé (oui, surtout la santé, c'est le plus important la santé, hein Tatie) venaient vraiment du fin fond de votre coeur ou plutôt de la même bonne éducation qui vous incite à dire bonjour, merci et au-revoir aux moments adéquats ? Surtout si la tante Hortense venait justement de vous glisser un billet de 50F dans la poche juste avant.
Alors maintenant que tous les voeux de santé ne feront plus grand effet à la Tante Hortense qui a rejoint son mari dans les pages jaunies des albums photos, vous voilà soumis à un exercice d'un niveau encore un peu plus élevé dans les voltiges de la bienséance: les voeux professionnels.
Aujourd'hui, de retour au travail après un week-end prolongé (le 26 décembre est férié au Luxembourg, merci), alors que vous vous apprêtez à passer une journée assez paisible à remettre de l'ordre dans vos affaires et votre boîte Outlook, vous découvrez avec horreur la pile de cartes de voeux qu'il faut envoyer à vos partenaires, à vos clients et, pour les stakhanovistes du bonheur un peu rance, à vos fournisseurs.
2 options s'offrent à vous : la première est évidemment de simplement écrire "meilleurs voeux" et de signer. Sauf que justement dans ce cas, envoyer une carte par courrier, à l'ancienne, pour marquer des points et se rappeler au bon souvenir des gens, ne sert pas à grand chose. A ce prix là, vous pouvez tout aussi bien envoyer un e-mail à tous vos contacts et hop, le tour est joué. Un de nos commerciaux qui a travaillé pour un député m'a confié que, évidemment, les gens habitués à recevoir des centaines de cartes tous les ans ne prennent même pas la peine de répondre aux cartes sur lesquelles figure une simple signature ou un texte qui "ne bave pas quand on passe un doigt mouillé dessus". Du coup ce collègue prend 2 jours rien que pour trouver un petit mot personnel qui saura toucher le destinataire, ou au moins lui montrer qu'on a réfléchi plus de 5 secondes avant de lécher le timbre poste. Ce n'est visiblement pas le cas d'un autre collègue qui a posé son traditionnel "meilleurs voeux" à la chaîne, y compris sur une carte envoyée à un partenaire hollandais (qui ne parle pas un mot de Français, évidemment). Alors, l'autre option est évidemment de prendre des heures à écrire à tous une formule qui saura être : personnalisée sans être trop personnelle, professionnelle sans être trop distante, amusante sans être trop familière, originale sans être trop excentrique.
J'ai cherché s'il n'y avait pas un site qui proposerait une centaine de formules toutes faites pour des voeux professionnels satisfaisant tous ces critères. Je n'ai rien trouvé d'autre que : Les voeux du ministre de la défense Français en 2003, avec de subtiles allusions aux réveillons dans les porte-avions. Ceux de son collègue de la Santé pour 2005 (j'aime surtout l'intitulé : 'aux forces vives', rien que ça, c'est pas mal pour celui qui le reçoit) et, pour finir, bien évidemment, les voeux de Noël de notre bien-aimé Grand-Duc.