29 mai 2006

La route de la frite

Au bord de la route, en Belgique, on voit rarement des "routiers" comme en France. Sur l'autoroute, vous passerez parfois sous un AC-Restaurant (le plat change une fois par mois, c'est le paradis des chicons au gratin et du hachis parmentier) mais la vraie gastronomie des bas côté ne se joue pas là. Elle réside dans ce qu'on ne trouve réellement que dans le plat pays : ces petites gargottes, parfois des caravanes à la Rosetta, parfois de vrais chalets, j'ai nommé "les fritures" (parfois aussi appelées friteries).


La vraie route de la frite c'est la Nationale 4, qui relie Arlon à Bruxelles, en passant par Martelange, Bastogne, Marche-en-Famenne, Namur et Wavre. En ce moment, avec les travaux sur la E-411 (l'autortoute), il m'arrive plus souvent d'emprunter cette route, comme pour beaucoup d'habitants de la région. Sur cette nationale, il se passe rarement plus de 10 kms avant qu'un petit (ou un gros) panneau n'indique la présence prochaine d'une friture au bord de la chaussée. Pour choisir sa friture, c'est un peu comme pour choisir un restau en bord de mer sur la côte d'azur : faites ça au feeling et au nombre de voitures et de mobilettes garées devant. Ou alors, allez faire un tour sur ce site qui recense les meilleures friteries de Belgique (comme s'il y en avait ailleurs) et vous pourrez ensuite voter pour votre friterie et peut-être faire évoluer le top 3 de la frite.

A l'intérieur, évidemment, leurs majestés LES FRITES, qui valent à elles seules le déplacement, sont cuites dans 2 bacs de friture à 2 températures différentes (le premier pour que la frite ait le temps de cuire, le second plus chaud pour que la frite dore mais sans noircir, tout un art). Comme je ne suis pas belge, je les mange avec juste un peu de sel, mais les autochtones les arrosent de sauce, au choix entre mayonnaise (bien sûr), ketchup mais aussi les typiques "Cocktail", "tartare", "Samouraï" ou "Andalouse". Si vous voulez manger autre chose que des pommes de terre, vous pourrez tenter les "Mexicanos", "fricadelles", "fricadelles spéciales", "cervelas", "pouli-croc" et autres "loempias" . Tout ça est à base de viande (enfin, j'espère), de forme plus ou moins étrange, de couleur plus ou moins grisâtre. Et très chimique. Et très frit.

Au Luxembourg, on trouve quelques rares fritures le long de la route du Nord, vouées à une extinction prochaine avec la construction de l'autoroute. Elles seront remplacées, comme dans le reste du pays, par d'immenses stations services où vous aurez le chox entre un BiFi (saucisse chimique pré-emballée) et un Twix.

A fond la forme

New-York, Paris, Berlin, Londres... Toutes les grandes villes ont le leur. Hé bien le premier marathon de Luxembourg vient d'avoir lieu le week-end dernier. La ville qui n'est pas (encore) aussi grande l'a fait sponsoriser, je vous laisse deviner, par une banque. Et du coup, on ne dit pas "marathon de Luxembourg" mais "ING-Europe-Marathon". Je vois bien le marathon de New-York rebaptisé en "Coca-Cola-Marathon". Il n'y a pas de petit profit.


marathon de luxembourgHistoire de mettre un peu d'originalité, la course a eu lieu en "nocturne" (pour les moins bons car le départ était donné à 17h, ce qui laisse quand même environ 4h30 avant la nuit noire). L'intérêt devait surtout être d'attendre que les magasins ferment leurs portes avant de paralyser le centre ville pour laisser passer les 6000 participants.

Niveau parcours, la question était comment faire tenir 42,215 kms dans la capitale d'un pays qui fait 40 kms de large ? Hé bien plutôt que faire 1 500 fois le tour de la place d'armes, les organisateurs ont tracé un chemin sinueux à travers le Kirchberg, le centre, le Limpertsberg, Merl et Bel Air avec des petits passages à double sens. Ce qui permettait aux marathoniens à leur 20° kilomètre de croiser ceux à qui il ne restait déjà plus qu'une petite dizaine de bornes à parcourir. Ca devait un peu être dur pour le moral et l'idée de traverser les petits cônes rouge au milieu de la route m'aurait bien traversé la tête si je m'étais retrouvé dans cette situation (pas de risque, j'étais spectateur).

L'ambiance était très sympa avec des orchestres de rue et des stands de saucisses et de bière, comme d'hab. Athlète ou pas, on ne crache jamais sur une petite Mettwurscht... Le vainqueur n'a pas dû trop forcer sur la Mousel parce qu'il est arrivé au bout de 2h15 de course à travers la capitale. Selon toute vraisemblance, le couvert devrait être remis l'année prochaine, en espérant que la météo soit un peu plus clémente.

22 mai 2006

Aux e-urnes citoyens

On peut douter que le terme "e-urne" rentre un jour dans la série des e-trucs et e-machins qui peuplent notre troisième millénaires et pourtant on ne pourra pas dire que les autorités n'auront pas mis du leur pour rendre le vote électronique à la pointe du progrès. On peut même se demander si on n'est pas un tout petit trop pointu là, parce que les courriers que j'ai reçus relèvent du James Bond.

Premier épisode, je reçois un message du consulat me demandant si je souhaite participer au vote électronique pour les "élections des représentants des Français à l'étranger". Vous ne le savez peut-être pas mais, effectivement, les Français expatriés disposent d'une représentation dans les assemblées nationales. Après tout, on n'a pas de préfet, pas de député, on peut bien avoir notre petite élection à nous. La proposition me semblant tentante, je réponds par l'affirmative à la lettre de monsieur l'ambassadeur (tant pis pour les Ferrero Roche d'Or). Je rentre un login, un mot de passe sur un site consacré à cela et j'attends le message suivant. Comme indiqué.

Et c'est là, pour ce second épisode, que j'ai l'impression d'avoir énormément sous-estimé cette élection des représentants des expatriés quand je vois les moyens mis en oeuvre. Pour découvrir le code secret qui va me permettre d'accomplir mon devoir de citoyen à l'importance capitale, j'ai reçu une lettre avec un code secret et une zone hyper confidentielle qui comporte un autre code qui n'apparaîtra qu'après un tour de passe-passe digne de Gérard Majax :

james bond vote 1 C'est bien expliqué, il faut (1) décoller l'étiquette bleue sur la gauche de la feuille pour (2) la disposer sur le carré tout brouillé. Ensuite, une fois que le bout de scotch magique est en place, il faut (3) gratter au-dessus du plastique comme si on avait un ticket de tac-o-tac, et l'inexplicable se produit...james bond vote 2

Les mécréants et les sceptiques se demanderont quelle est la plus-value par rapport, justement, à une zone grise de type tac-o-tac, ou par rapport à 2 codes envoyés dans 2 enveloppes différentes (comme les cartes bancaires). Surtout que ça ne prouve pas plus que c'est bien moi qui ai répondu à la lettre (je n'ai pas envoyé de copie de ma carte d'identié, et mes empreintes digitales ne doivent pas jouer grand chose dans le tour de magie). Disons, que ça permet de montrer qu'on est vraiment un pays à la pointe de la technologie. Là, vu le nombre de codes différents, de logins et de mots de passe, pas de risque qu'on fasse voter les morts. Même mon système de "web banking" est moins compliqué (et pourtant, ici, ils font fort, Luxembourg oblige).

A part ça, j'ai essayé sur la télé, ça ne décode pas Canal +.

21 mai 2006

Grande Tempérance

Un peu comme "pont rouge" a remplacé la dénomination "Grande Duchesse Charlotte", les habitants de Luxembourg appellent rarement par son petit nom la statue de Niki de Saint Phalle qui fait coucou aux gens qui attendent le bus place Hamilius. "Grande Tempérance" n'est pas très facile à porter, avouons-le. Mais la "grosse femme bleue" n'est pas beaucoup plus élégant.

Nikki de Saint Phalle à Hamilius
Le centre de Luxembourg a toujours eu une prédilection pour les statues de femme. Dans des styles assez variés : la Gëlle Fra bien entendu (espèce de victoire dorée en haut d'une immense colonne qui tourne le dos à la vallée de la Pétrusse), la statue de la Grande Duchesse Charlotte (qu'on a eu le bon goût de ne pas peindre en rouge et qui a donc pu garder son vrai nom), la statue de la mère et l'enfant dans le parc en face d'Arcelor et, donc, cette "grande tempérance" qui montre ses fesses dodues et colorées au Bierger Center depuis 1995.

18 mai 2006

Le quartier du Kirchberg

Comment donner des airs de capitale internationale à une ville moyenne ?
On prend un plateau avec des vaches, des champs et quelques vergers.
On commence par construire un grand pont pour y aller (rouge, par exemple) et un grand boulevard qui le traverse de part en part.
On y construit une piscine olympique, une école européenne, un complexe cinématographique, une bonne quinzaine de sièges sociaux de banques, deux ou trois parkings, quelques institutions européennes.
On place une ou deux sculptures monumentales (à défaut d'être belles) sur les ronds-points ou bien là où on n'a pas la place de faire un immeuble de plus (mention spéciale pour l'espèce de business man filiforme devant la Decca Bank).
Comme on se rend compte que tout ça part un peu en quenouille et que le quartier risque de devenir une réplique de "brasilia", on demande à des architectes à la mode de participer à la réalisation des édifices culturels: et hop, une philarmonie par Christian de Portzamparc, un musée d'art moderne par Ieoh Ming Pei et des tours conçues par Ricardo Bofill. S'ils avaient pu déterrer Le Corbusier pour faire le centre commercial, ils n'auraient pas hésité...
grues au kirchbergAujourd'hui, on est à peu près à mi-chemin de cette urbanisation galopante, alors, vu d'en bas, on a parfois l'impression qu'une armée de grues est installée dans la forêt...

17 mai 2006

Le quartier de Merl - Bel air

C'est le quartier de Merl - Bel Air qui est l'heureux élu de cette première chronique sur les quartiers de la "Stadt", comme on dit par chez nous. Que lui vaut donc cet honneur ? Disons que le fait de posséder le parc le plus agréable de la ville, en cette journée estivale, aura fait pencher la balance en sa faveur. parc de MerlMais Merl ne bénéficie pas seulement d'un parc de plus de 5 ha prisé par les canards de toute la grande région, ce quartier charmant peut aussi se prévaloir :

  • d'une église avec le plus haut clocher de la ville,
  • d'un commissariat,
  • de tout un paquet de stations services parsemées le long de la route de Longwy,
  • du stade Josy Barthel : 8000 places, soit une capacité égale à 1,5% de la population du pays, un peu comme si le stade de France pouvait accueillir 1 000 000 de personnes... tout ça pour des victoires assez rares - je n'en ai pas trouvé depuis 1992. L'équipe pointe à la 152° place du classement FIFA, entre Madagascar et le Pakistan...,
  • du seul magasin de bandes dessinées de Luxembourg (Fantasy Box, sur l'avenue du 10 septembre),
  • d'un cimetière qui est certainement le plus grand de la ville,
  • et également du Théâtre du Luxembourg.

Il semblerait en outre que ce soit l'un des quartiers les plus "bourgeois" de la ville, si tant est qu'on puisse être plus catholique que le pape. Et puis, allez, c'est là que j'habite.

16 mai 2006

Luxembourg gare, tout le monde descend

Parfois sur Internet on trouve d'authentiques sites de fous. , c'est incroyable, c'est un site qui recense 16 000 photos (je les crois sur parole, je n'ai pas compté) sur les trains au Luxembourg... Vue la densité du réseau ferroviaire (5 lignes principales...) cela laisse un peu songeur. Du coup, en voici une 16 001°, prise samedi dernier en gare de Luxembourg, au cas où les administrateurs du site seraient intéressés...

trains en gare de LuxembourgJ'ai un peu pratiqué les trains durant mes premières années de vie au Grand Duché. Déjà, tous les jours, pour aller au travail j'empruntais un petit train des CFL qui me conduisait à Betzdorf en passant par Munsbach, Roedt sur Syre, j'en passe et des meilleurs... Et puis j'ai également fait quelques Luxembourg-Paris (3h40 minimum, vivement le TGV-Est prévu en 2007, auquel le Luxembourg contribue à hauteur de 3 ou 5%, quand même, et qui raccourcira le trajet à 2h15), quelques Luxembourg-Bruxelles (3h00 de trajet pour 200 kms, chercher l'erreur. Merci les arrêts à Gouvy, Ciney et autres métropoles wallones...), et même une bonne dizaine de Luxembourg-Saint Etienne (du grand sport, je ne vous dis que ça...).

Le pire, ça a été le jour où le contrôleur m'a annoncé vers Dijon que le train dans lequel j'étais ne s'arrêtait pas avant... Marseille. Heureusement, une pause technique était prévue à minuit à Lyon, mais l'arrêt n'étant pas annoncé, j'avais pas intérêt à m'endormir. A part ça, je peux l'avouer maintenant, il y a prescription, mais l'intérêt de partir de Luxembourg est que vous ne compostez pas vos billets français ici (il n'y a pas de machine pour ça...) et si vous ne croisez pas de contrôleur durant le trajet, vous pouvez vous faire rembourser votre ticket à l'arrivée ("non, madame, finalement je suis venu en auto-stop").

14 mai 2006

Le pont rouge

C'est l'un des éléments architecturaux les plus remarquables de la ville, à défaut d'être l'un des plus beaux. C'était encore plus vrai quand je suis arrivé ici et où il n'y avait pas encore les tours de l'Europe ni la Philarmonie (et ni le Mudam, évidemment, qui doit ouvrir dans 2 mois). Ce grand pont rouge, entièrement en acier, certainement sponsorisé par Arcelor (enfin, l'ARBED à l'époque), relie depuis la fin des années 60 le centre historique de la ville à son nouveau centre d'affaires, le Kirchberg. L'histoire ne dit pas qui en a choisi la couleur. Mais en tout cas on l'appelle plus souvent comme cela que "Grande Duchesse Charlotte" qui est pourtant sa dénomination officielle.
le pont rouge Il enjambe une vallée entière (le Pfaffenthal) et connaît, sur ses voies empruntées par quelques milliers de voitures tous les jours des embouteillages réguliers. Quelques cyclistes et même des piétons s'y risquent également, quoique le passage des voitures à moins de 1 mètres ne contribuent pas à leur rendre la vue sur le centre, le Grund et Walferdange plus agréable...

On raconte que c'est suite à quelques dizaines de suicides que les autorités ont placés des barrières en plexiglas tout le long du parcours. Ca ne doit déjà pas être très sympa d'habiter la vallée en dessous, mais si en plus vous retrouviez tous les mois un cadavre sur votre toit ou dans votre jardin, ça devait effectivement être l'enfer.

13 mai 2006

Tous des cons - épisode 4

Cet épisode est consacré à une seule personne, restée anonyme : L’inventeur du clavier AZERTY.

Pourquoi a-t-on décidé de placer les lettres sur les machines à écrire dans un ordre aussi débile ? Qui a décidé que les signes 'µ' ou ou '§' y étaient indispensables alors qu'on ne peut pas y faire des guillemets français ou un "e dans l'o" ?

J’ai entendu dire qu’on avait choisi le pire ordre possible, pour éviter que les gens ne tapent trop vite et que les touches ne se bloquent, à une époque où le matériel n’était pas encore très au point. Un ingénieur anglais aurait étudié tous les mots de la langue de Shakespeare et aurait fait en sorte de placer les paires de lettres les plus couramment associées le plus loin possible l’une de l’autre sur le clavier. Tordu.

Non seulement cet ordre n’a aucun sens mais il est différent dans presque tous les pays du monde. Le plus beau c’est quand vous travaillez avec un clavier belge, ou anglais, ce qui vous assure quelques heures de recherche à la quête du ‘^’ ou du ‘-‘ et même parfois du ‘m’.

On pourra toujours essayer de me convaincre de la raison profonde qui veut que seuls le Z et le A méritent d’être déplacés entre claviers anglais et français, il va falloir bien aiguiser les arguments pour soutenir l’intérêt de déplacer le ‘_’ d’un côté à l’autre des Ardennes… Tout ça couronné par les premiers minitels, grandioses avec leurs claviers dans un ordre... alphabétique.

Heureusement que l’alphabet a été inventé avant la mondialisation de la connerie, ça nous a évité d’avoir des ordres alphabétiques variables entre les pays.

Tous des cons - épisode 3

L’autre jour, dans un salon de thé où il se trouvait que le gâteau dont je comptais bien faire mon 4 heures était en rupture de stock, j’ai pu observer, presque en compensation, un sosie black de Jean-Claude Van Damme. Ce débile bodybuildé parlait très fort pour commander son pain et ses gâteaux, histoire que tout le monde le remarque bien, avec ses biscotos et ses tatouages ethniques, bien mis en valeur par son débardeur.

En l’observant, je n’ai pu empêcher une question toute bête de me venir à l’esprit : Aujourd’hui, être musclé, à quoi ça sert ? Dieu merci, de nos jours, il est quand même rare de devoir tuer un tigre à mains nues pour être en mesure d’assurer sa subsistance. Les transports en commun desservent admirablement les coins les plus reculés, les supermarchés sont tous équipés de nuées de chariots roulants, et la chose la plus lourde qu’il me soit donnée de soulever est mon ordinateur portable ou un pack d’eau minérale. Si mes calculs sont bons, tout cela n’excède jamais les 10 kilos. Mes bras ne sont pas gros comme des jambons et, pourtant, j’y arrive !

Une réponse, c’est peut-être que, à défaut d’être utile, les muscles rendent beau. Enfin, soyons sérieux deux minutes, la beauté est aussi dans les yeux de celui qui regarde, et je me demande si les femmes qui se pâment pour des abdominaux en tablettes de chocolats forment véritablement la partie la plus intéressante de la gente féminine. En plus, à moins de draguer les filles à la plage, le premier contact d’un homme avec une femme ça se passe en général plutôt au niveau du visage que des pectoraux ou des deltoïdes. Quand vous êtes en position d’enlever votre T-shirt pour la première fois devant une femme, il est peu probable qu’elle s’enfuie en courant parce que vous n’avez pas les abdominaux de Sylvester Stallone.

Bon, alors voilà ma conclusion : être musclé ça ne sert à rien, ce n’est pas beau et en plus ça fait transpirer.

Tous des cons - épisode 2

Si vous avez un doute sur votre nouveau collègue de bureau ou le dernier fiancé de votre fille, voici quelques signes avant-coureurs...

Il parle tout seul et il raconte ce qu’il fait. De temps en temps, il lance un petit « ouais ! » et trépigne comme s'il avait vécu une extase exceptionnelle... Un peu comme si, en primaire, il y avait une dictée corrigée en plein cours et qu’il n'avait pas fait de faute à l’accord d’un passé composé conjugué avec l’auxiliaire avoir.

Il rigole à ses propres blagues.

Il clame régulièrement son droit à faire ce qu’il veut chez lui. Le DROIT, voilà l’argument massue, irréfutable, qu’assène en général le con contre toute tentative de lui faire entendre raison. "J’ai le droit d’écouter du hard-rock à plein ampli jusqu’à 21h59. J’ai le droit d’aller à l’enterrement d’un ami en bermuda. J’ai le droit de me laver une fois par semaine."

Il boit son café en appuyant sa lèvre supérieure contre le rebord du gobelet en plastique, puis en aspirant le liquide brûlant. Ce qui ne manque pas de produire un bruit de succion des plus charmants. Surtout à 8h30 du matin. Ceci dit, il a le droit.

Il sifflote souvent et seulement des chansons d'Eddy Mitchell, tantôt « la dernière séance », tantôt « le cimetière des éléphants » et, dans les grands jours, « la fille aux yeux menthe à l’eau ».

Il a un téléphone portable accroché à sa ceinture. Bon, OK, ce n’est pas une preuve absolue d’imbécillité d’acheter un petit étui et de jouer les cow-boys du 21° siècle, toujours prêts à dégainer le téléphone cellulaire à la moindre vibration. Par contre, c’est quand même un signe de mauvais augure. Les gens normaux, quand ils ne veulent pas mettre leur téléphone dans une poche, ne l’accrochent pas autour du cou, ou ne se l’accrochent pas à la taille. Ils le laissent là où il est, quitte à rappeler plus tard si on a tenté de les joindre !

Les progrès technologiques n’ont pas servi qu’à nous faire entrer dans l’ère de la communication, ils ont également permis à la connerie humaine de faire un grand bond en avant. Le GSM en est un révélateur assez infaillible : Je ne sais pas s’il est besoin de réfléchir très longtemps sur l’épithète à coller à une personne capable d’une part de payer pour écouter le dernier morceau de Pascal Obispo. Alors si en plus c’est la version « polyphonique » pour téléphone portable, deux fois moins longue (Dieu merci) et trois fois plus chère, et que cette suave mélodie retentit au milieu d’une salle de restaurant, de réunion ou de cinéma, je pense que toutes les personnes importunées devraient avoir un droit de vie et de mort sur l’appareil coupable, voire sur son propriétaire indélicat.

A ce propos, mention spéciale aux cinémas du Grand Duché qui diffusent un excellent spot avant toutes les séances. Ca démarre avec un écran noir et des sonneries de GSM retentissent aux 4 coins de la salle (merci le son THX). L'effet est garanti, il n'y a même plus besoin que la voix off demande "we kindly remind you to switch off your mobile phone"...

Tous des cons - épisode 1

Commençons ici l'exploitation d'une source d’inspiration inépuisable... avec ce premier post d'une peut-être longue série. Il y a deux ans j'avais commencé à prendre des notes, en espérant peut-être un jour en faire un livre mais reconnaissons qu'il est certainement plus réaliste de les recycler dans mon petit blog, et tant pis pour le hors sujet. En ouverture, voici John, Américain en voyage organisé.

Vous êtes en vacances. Vous rentrez d’une randonnée à travers la forêt tropicale du Costa-Rica. Vous mangez tranquillement un mixed-grill à la terrasse de votre hôtel, en admirant les coulées incandescentes de lave qui dégoulinent de temps en temps du volcan en face de vous. Vous discutez avec une charmante jeune femme avec laquelle vous avez le plaisir de partager à la fois votre table, votre mixed-grill, vos vacances et votre vie. On peut donc parler d’une bonne soirée. Et c’est à ce moment qu’un car de cinquante touristes entre dans le restaurant. Des retraités. Bruyants. En short. Américains.

Bon, vous n’avez rien contre les voyages organisés, même si tous les membres du groupe ont plus de 70 ans, même s’ils portent des chaussettes de tennis remontées jusqu’à leurs genoux cagneux, même s’ils sont américains et même s’ils se chamaillent pour savoir qui va devoir s’asseoir aux places qui tournent le dos au volcan. Vous pouvez même trouver amusant le cinquante et unième passager de l’autocar, qui arrive en sifflotant, cinq minutes plus tard. Il fait le tour des tables de son groupe et, comme visiblement c’est le play-boy de la maison de retraite, il remporte un certain succès. C’est la star du groupe et il faut que cela se sache.
C’est au moment où il vous assène une grande tape dans le dos en vous demandant bien fort : « Hey ! Do you speak English ? », que vous vous dites que, oui, il existe des gens assez cons pour mériter un post dans votre blog.

La moindre de vos réponses, même lancée le plus froidement possible, est alors ponctuée d’exclamations de surprises, de claquements de doigts, de mains sur l’épaule et de rires à pleines dents (fausses). Il faut dire qu’il est particulièrement étonnant que vous ayez à peu près l’âge de ses petits enfants ou que vous puissiez venir d’un pays aussi incroyable que la France et qu’il est franchement dingue que vous parents aient choisi un tel prénom.

Quand il vous demande, en quatrième question, pourquoi vous avez choisi de faire du tourisme au Costa-Rica, vous regrettez de ne pas savoir comment dire ‘va te faire foutre’ en anglais, en étant ni trop grossier ni trop poli. Mais vous recommencez sans scrupule à manger votre viande maintenant froide, sans même daigner répondre à sa grande interrogation : Quand est-ce que vous mariez avec cette charmante femme à côté de vous ?

En repartant vous coucher, vous prenez soin de consulter le tableau blanc dans le hall, où est affiché le programme du lendemain de la joyeuse compagnie des octogénaires, afin d’éviter de tomber sur votre nouvel ami au petit déjeuner. Et c’est avec une certaine satisfaction que vous noterez que le rassemblement des troupes est prévu à six heures du matin, avec une première pause pipi au bout de trois heures d’autocar.

05 mai 2006

La presse gratuite au Luxembourg

Ici, pas de 20 minutes ou de métro (ni à prendre ni à lire). Les journaux gratuits s'appellent Nico, Rendez-vous, Graffiti, LuxPost et, surtout, la publicité du mardi (je précise tout de suite que les délibérations du conseil municipal ne me semblent pas participer au domaine du lisible, ne serait-ce que du fait de leur présentation en 3 langues sur papier recyclé).

NicoPremier de la classe, et un des premiers arrivés sur le marché : Nico. Avant Nico c'était l'image à gauche, un tout petit hebdo agrafé, style Lylo à Paris, mais maintenant c'est la classe, un magazine grand format sur papier glacé, style Vogue du "bon pays", un peu hype, un peu ché-bran. Si vous n'êtes pas adepte de la cooltitude du Grand-Duché, la lecture est parfois un peu ardue mais il faut reconnaître que la maquette tue sa race, comme on dit de l'autre côté du périph'. L'abonnement est payant. On peut même l'acheter en kisoque pour 2 €. Mais si vous êtes normalement constitués, vous irez le chercher dans un bar ou un lieu culturel, où il est distribué gratuitement.

rendez-vous "Rendez-vous Lëtzebuerg", ce n'est pas le journal des célibataires du coin, mais l'actualité culturelle du pays pour le mois à venir. Vous le trouvez dans des sites comme la cinémathèque, le Biergercenter, les théâtres et certains musées. Ce qui est sympa c'est que même l'abonnement est gratuit. Tous les mois vous recevez dans votre boîte aux lettres le programme culturel des théâtres, de la cinémathèque, des musées, des concerts classiques, jazz et festivals du pays (de la capitale surtout, parce que du côté de Wilwerwiltz, l'activité culturelle est assez réduite, reconnaissons-le).


grafitiGraffiti est le programme cinéma du mois (approximativement), disponible dans tous les cinémas. Enfin, dans les 2 qui survivent encore (Utopia et Utopolis). Quelques critiques copiées sur Internet ou dans des magazines spécialisés et la présentation des films à l'affiche. Manquent juste les horaires.
En général, on le lit affalé sur le fauteuil du ciné, en attendant le début des bandes annonces entre une pub pour la Luxembourgeoise et un spot Bofferding.

Luxpost c'est un peu comme les délibérations du conseil municipal. A peu près illisible pour quiconque ne parle pas Luxembourgeois. Mais bon, c'est la seule chance que vous avez de trouver quelque chose dans votre boîte à lettre le samedi, puisque la distribution du courrier s'arrête le vendredi dans ce bon pays où le fonctionnaire mérite son week-end comme s'il avait travaillé la semaine.

Mais mon préféré reste le gros paquet de pubs du mardi, dans leur emballage. J'apprécie surtout la pub Auchan et Hi-Fi International (geek for ever...). Et, au second degré, la réclame des magasins de meubles germaniques ou assimilés (Möbel Fundgrube, Miwel Roller ou Möbel Martin), avec leur litanie de canapés en velour à grosses fleur et appuie-tête intégré, ou de table basse de salon soit-disant design, à base d'acier inoxidable, de verre trempé et de stratifié. Y avait les mêmes dans les films de science fiction de Stanley Kubrick. Dans le genre total look, il faut reconnaître que les vêtements Adler son très forts (un mélange de Damart et de C & A, mais exclusivement à base de matières synthétiques, style déstockage de tissus d'ameublement recyclés en chemisier), tout comme les chaussures Pronti en vrai plastique collé ou les kits tuning et jardinage dans le catalogue Hela Profizentrum.

keng reklammenPour les réfractaires, reste l'autocollant jaune "Keng Reklammen w.e.g" (pas de pub svp) avec, Dieu sait pourquoi, un éléphant dessiné dessus.

01 mai 2006

Qualité de vie

Le cabinet d'étude Mercer réalise régulièrement une étude sur la qualité de vie dans les "grandes" villes mondiales.
statistiquesPour 2006, les résultats donnent quelques villes suisses en première position, Bagdad (quelle surprise...) et Athènes parmi les mauvais élèves, et Luxembourg en 18° position. Devant Paris, Madrid, New York, Honolulu et San Francisco mais derrière Düsseldorf, Bern et Bruxelles (?). On aura compris que les critères pris en compte incluent le niveau de vie, la sécurité, la stabilité politique et pas seulement le nombre d'heures d'ensoleillement, le pourcentage de personnes de moins de 50 ans et la qualité des matches de football de l'équipe locale.

Enfin, quand on sait qu'il y a moins de 100 000 habitants dans notre petite capitale, on peut tout de même se demander la pertinence de la comparaison de la future capitale de la culture 2007 avec Washington, Paris ou Berlin.

Frigo luxembourgeois

mon frigo Ha, ha, oseriez-vous montrer votre frigo à votre patron ? ou, pire, à votre mère ? Il paraît que, à Paris, il y a des supermarchés qui font des soirées spéciales célibataires, où vous prenez un panier d'une couleur spéciale si vous êtes à la recherche de l'âme soeur. Evidemment, c'est ce jour là que se vendent le plus de fruits et légumes et de produits frais et de marques, et le moins de hamburgers surgelés ou autres raviolis premier prix.

Pour transformer votre frigo en frigo luxembourgeois, il faut simplement:
- ajouter une bouteille de champagne dans la porte (ou de "champes", le crémant local, au choix entre Poll Fabaire et Bernard Massard, pas terrible entre nous) ;
- réserver un étage à la charcuterie ;
- parsemer quelques produits Luxlait, Luxviande, du beurre Rosé (c'est un piège, luxbeurre n'existe pas) et aussi Auchan et, surtout, Cactus. Oui, car ici, dans nos cactus, il y a des cactus et dans nos frigos il y a "du" cactus (c'est le supermarché historique du Grand-Duché, avec Alima qui serait un peu plus proche du Félix Potin en France).

Et voilà, vous pouvez maintenant inviter vos collègues de travail ou le propriétaire de votre deux pièces, qui se sentiront en terrain familier lorsque vous ouvrirez la porte de votre frigidaire pour y chercher quelques bouteilles de bière bien fraîche (le champagne c'est juste pour faire joli). D'ailleurs, je tiens ici à remercier monsieur Krombach, mon premier propriétaire qui avait, justement, laissé une bouteille de champ' dans le frigo le jour où on avait signé le bail (avec aussi 3 oeufs d'oie de chez lui). Et après y en a qui vont dire que les habitants d'ici ne sont pas accueillants...