03 août 2007

Ca vous trente ?


Ca y est. Je l’ai fait. Le changement de dizaine en soi n’a rien d’effrayant. Ma métamorphose en trentenaire ne s’est pas accompagnée de poussée subite de poils dans les oreilles ou dans le cou, de chute de cheveux, de perte de l’audition ni de douleur articulaire particulière. Tout au plus quelques difficultés pour me lever ce matin. Mais la perspective d’être dorénavant plus proche des 40 que des 20 est tout de même assez étrange. D'autant que, soyons objectifs, mon bilan est assez maigre : à 30 ans, Zidane était déjà champion du monde, Michael Jackson avait déjà vendu plus de 50 millions d’albums, Bill Gates était déjà milliardaire et Napoléon prenait le pouvoir pour diriger la France et construire son empire. Napoléon, justement, parlons-en, histoire de se changer les idées (de toute façon, je suis pas malheureux, moi au moins je n'ai jamais donné de coup de boule à un Italien, ni tripoté de petits enfants, ni exploité les idées des autres, ni envahi de pays).

La Belgique a dû laisser à l’empereur français le goût amer d’une sacrée dérouillée prise sur la morne plaine de Waterloo. Dans l’autre sens, Napoléon, pour la Belgique, c’était un gars qui n’était pas venu uniquement pour goûter la recette des chicons au gratin. Pas besoin d’être un génie du marketing pour déconseiller à n’importe quelle marque d’associer les deux noms. On imagine mal les Egyptiens baptiser une variété de dattes Moshe Dayan, les Anglais créer un pudding Jeanne d’Arc ou les Polonais des cigarettes Bismarck. Pourtant, les Belges, qui font preuve de bien peu de rancune, ont donné à un de leurs meilleurs bonbons le nom de Napoléon. Ce petit bonbon sphérique aux couleurs et au goût acidulés figure en digne place au panthéon de la friandise belge, à côté du Chokotoff (version transcendante du mi-cho-ko) et loin devant le Oufti (rondelle de banane trempée dans du chocolat). Le rapport avec l’empereur français n’est pas évident, si ce n’est qu’une consommation excessive donne certainement un mal au foie susceptible d’entraîner une ressemblance de posture avec l’auguste Corse.

Le site du produit nous montre la fabrication des petites boules fourrées aux poudres acides ou salées (sic) et nous apprend qu’on n'en vend apparemment qu'au Bénélux. J’ai cru comprendre que le "bon bonbon Napoléon" était une sorte de madeleine de Proust pour tous les enfants du plat pays qui retrouvent sous l’emballage de cellophane le goût de leur enfance et le souvenir des meilleurs moments passés chez leur dentiste.


Pour ma part, je voue une gratitude sincère aux patrons des quelques stations-service luxembourgeoises qui ont la gentillesse de m’en donner un quand je fais le plein (sans faire de publicité, je citerai les Total du Pulvermühl et de Gasperich, qui le remplacent malheureusement parfois par un Sugus ou un Tic-Tac).

3 commentaires:

françoise a dit…

Moi qui ne connaissait que citron et orange...
J'ai toujours du mal à comprendre pourquoi certains parfums ne sont pas vendu dans certains pays.
...dommage que je n'ai pas de voiture, je vais devoir chercher ou me fournir.
bon Anniversaire !
Et puis: Bon Anniversaire ! 30 ans ça fait un peu mal, mais on survit. Courage !

nanakilouche a dit…

Excellent Anniversaire à toi ! 30 ans ça fait peur effectivement... Mais tu vois, nous les filles, on a la possibilité de s'arrêter de compter à 25, et pis voilà.
Pour les bonbons Napoléon, c'est vrai qu'à cause du nom je croyais plutôt que c'était français... pourtant j'ai habité en Gelbique mais je ne savais pas.. mais c'est vrai que c'est bon ces saletés (mais ça laisse des caries pas belles à mon avis, dans le genre, la Flandre ? non ?)
Pulvermühl RULES même si je préfère le Q8.

Olivier de Montréal a dit…

30?

Si tu veux, on échange... ;)

Dis, faut avoir envie de commenter chez toi, le système en dessous me demande de recopier yjqhydaw ! (oui, yjqhydaw!)