Tout me fait tourner la tête
- Air Maxx : lorsque vous (oui, vous, pas moi : je peux pas, j'ai des lunettes) vous installez dans la nacelle, vous pouvez choisir de faire face au Limpertsberg ou face au Centre ville. Cela n’a pas beaucoup d’importance puisque pendant les 3 minutes que dure le tour vous allez de toute façon être balancé jusqu’à 50 mètres du sol, avec à chaque fois l’impression de vous écraser sur le parking, ou de vous prendre l’enseigne du marchand de pommes d’amour en pleine tête. C’est juste que dans un cas vous verrez l’un des côtés la tête en bas, et dans l’autre la tête en haut, à moins que vous ne fermiez les yeux, ce qui est également possible. Rouvrez les quand même quand vous entendez le Beau Danube Bleu, il est temps de descendre et d’aller chercher où votre tong gauche (respectivement : vos clés de voiture ou votre perruque) a bien pu atterrir. Dans un rayon de 300 mètres.
- La Grande Roue Bellevue : sans elle, la Schueber ne serait pas vraiment la Schueber. En plus, Un manège pour petits et grands, un manège pour quand il pleut, un manège à faire de jour plutôt que de nuit ça change un peu. Même si elle revient tous les ans. Cette année, vous pourrez admirer dans toute leur laideur les nouvelles tours de la Cour de Justice du Kirchberg, en cours de construction de l’autre côté du pont rouge.
- Bayernkurve : Là c’est pour la séquence nostalgie, un peu comme la barbe à papa. C’est une chenille comme celle de la fête du village où je partais en week-end quand j’étais petit et où son statut d’unique manège pour « grands » lui conférait une certaine aura, pendant que j’essayais d’attraper des montres à quartz aux machines à pinces ou que j'essayais d'avoir un pistolet à amorces aux tiroires surprises (si les pinces diaboliques existent encore, les tiroirs semblent avoir disparu de l'attirail des machines à voler les enfants).
- Super Railway et Spinning Racer : des montagnes russes à l’ancienne, où la peur provient autant du fait que toute la structure a l’air de trembler et risque de s'écrouler au premier virage, que des sensations provoquées par le parcours. Personnellement, je préfère le second, où le chariot tourne sur lui-même et où il y a une ou deux descentes assez raides.
- La rivière canadienne allemande Wild Wasser : 2 rivières canadiennes en une seule, l’installation est vraiment impressionnante. Moi qui peine à monter une tente, je trouve dingue de monter une telle structure pour 3 semaines de foire. Sinon, les deux chutes et les trajets avant et arrière sont sympas, mais c’est vraiment l’attraction qu’on s’attendrait plutôt à voir dans un parc que sur une fête foraine. Faut pas avoir le vertige quand on est tout en haut.
- Le Chaos : des sièges se font face et tournent au bout d’un bras qui se balance comme un pendule. Sympa mais quand même un peu décevant par rapport aux précédents.
- Le Rotor : Pas spécialement de sensation forte dans cette grosse centrifugeuse où on est essoré comme une salade dans son panier, mais l’impression que tous ses organes sont collés à sa colonne vertébrale n’est pas super agréable. Par contre, recommandé pour prendre des photos sympas.
- Break Dance, Take Off, Tagada et Top Spin : ici aussi l’intérêt est relativement limité, ces manèges permettant surtout d’avoir le tournis, la lourde, mal aux fesses ou de se retrouver en rang d’oignons balancés d’avant en arrière avec la tête en bas les trois quarts du temps. J’attends encore le manège machine à laver.
- Les Loteries : Zellweger, Caroline, Must… vous aurez le choix pour tenter votre chance et renflouer les poches des forains qui viennent aussi au Grand Duché pour passer voir leur compte en banque. Mon préféré c’est celui où il faut tomber sur des villes luxembourgeoises, ça fait plus couleur locale que les animaux de la jungle importés de Dubaï.
- Les Stands de Tir : Cette année, vous pouvez choisir votre arme parmi la carabine, le tir à l’arc, les fléchettes, le ballon de basket, la balle de chiffons ou la catapulte à bananes (!). Dans tous les cas, vous pourrez espérer remporter non seulement les fameuses peluches Playboy ou Bob L’Eponge, voire une console de jeux où une machine à coudre, mais aussi le must de l’année, le pocket bike. Intérêt 0, sauf peut-être si vous êtes vraiment petit, si vous n’avez plus de place dans le garage, si vous devez escorter un président de petite taille, ou si vous voulez chambrer les bikers allemands la prochain fois que vous allez faire un tour sur les routes du Moselthal.
Si vous n’avez pas suffisamment mal au cœur après ça, et qu’il vous reste un peu de sous, vous pouvez enchaîner le top des « restaurants » de la Schueberfouer : en entrée des Bami Noodles, suivies d’une gaufre fraises chantilly, recouverte d’un sandwich grec de chez Pita Gyros (préparez votre monnaie à l’avance sous peine que les 8 appareils alignés ne VOUS transforment en kebab), arrosé par une Bofferding, avant d’enchaîner par une crêpe au Nutella du chalet breton, une grillwurscht du grillpalast, une assiette de raclette suisse, et, en guise de trou normand, un schnaps du château de la Forêt Noire (qui remplace avantageusement la maison hantée cette année) avant d’entamer le morceau de choix : le poisson frit par Henriette, Marcel, Mathieu ou Armand…. En dessert, des churros. Natures, pour la ligne. Et des fruits enrobés de chocolat blanc, pour les vitamines. Pour rectifier votre haleine, un sachet de glaçons canadiens et c’est parfait. Vous pouvez rentrer à la maison au guidon de votre pocket bike.


6 commentaires:
Merci pour cette hilarante description des maneges que, personnellement, j'evite comme la peste. En revanche, je paierais pour voir de plus pres la tete des braves gens montes sur ces bestiaux-la !! Hi Hi !
Et pas un mot pour le Crazy Cinématographe ? Quel dommage ! C'est produit par le directeur de la Cinémathèque de Luxembourg, on y voit plein de vieilleries rigolotes (sauf à la séance de 22h, qui présente surtout des cochonneries d'époque, femmes et hommes séparés dans la fosse) pendant que des musiciens belges assurent une bande son décapante. Rien que la harangue vaut le coup d'oeil...
Frenchfrog
Hier soir j'ai fait les manéges gastro ;-) :
le poisson de 40 cm de long (de l'églefin je crois) chez Joslet et bofferding, diekirch et battin.
D'ailleurs le manège Bellevue a un beau B qui clignote ... j'étais convaincu qu'il s'agissait du sponsoring 'Bofferding'.
et les galettes de pommes de terre trempées dans de la compote...???
Ma collègue m'en parle avec une sorte de fierté nationale dans la voix
Les glaçons canadiens ne sont pas canadiens! Du moins j'en ai pas vu à Toronto.
Par contre, Ste Wikipédia nous informe sur la "bergamote de Nancy"! Le marketing canadien: rien qu'un gimmick?
Le crazy cinématographe ça sent vraiment le prétexte pour récupérer le label "Capitale Européenne de la Culture" parce que sinon, la culture est quand même vachement bien cachée sous les couches de gras et de sucre.
Les galettes de pomme de terre, ce sont des gromperekichelcher, et je pense qu'il y a déjà eu une chronique rien que là dessus, heureusement !! C'est le top de la cuisine grand ducale. Rien que pour ça, on pardonne l'infâme Mettwurscht.
Enfin, les glaçons canadiens sont certainement plutôt belges. Mais cette année, regardez bien, on croirait que c'est un sosie de Nicolas Cage qui les vend, ça fait encore plus couleur locale que la chemise rouge à carreaux noirs (même si Nicolas Cage n'est pas canadien non plus, certes).
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