Anti Mythes
Entretenus par les films, les discussions de machine à café et les séries télé, certains mythes liés à la maternité subsistent dans l'inconscient collectif, surtout masculin. Fort de ma toute nouvelle expérience personnelle, et profitant d'un moment d'accalmie dans ma vie de jeune père, voici une petite sélection des idées reçues à jeter sur la maternité et la paternité :
- J'ai déjà du mal à comprendre ma femme, alors qu'est-ce que ça va être avec les envies de grossesse : Ni fraises, ni camembert, ni café très sucré, ni gâteaux à la crème. Je n'ai constaté que deux envies chez ma femme lorsqu'elle était enceinte : l'envie que ça se termine et pas par une boucherie. Allez, je rajouterais quand même l'envie de filet américain mais vous pouvez priver n'importe quel Belge de ce plat pendant 9 mois et il présentera les mêmes symptômes, hormones ou pas.
- Je ne vais pas aller faire le petit chien dans des cours de préparation à l'accouchement : Pas de chance, malgré notre assiduité et même nos cours en piscine, je n'ai jamais assisté à une respiration du petit chien (mais je suis imbattable en position "Diamant", en position assise sur un ballon et en bulles dans l'eau). L'important c'est plutôt d'expirer lentement et de contracter son périnée. Allez, tous ensemble, pour le bien de la santé publique, les lecteurs contractent leur périnée. Encore moins de chance, comme tout s'est terminé par une césarienne, on n'a pas trop mis en pratique. Vous pouvez relâcher votre périnée.
- Je ne vais jamais arriver à trouver la maternité, et même si je la trouve je vais me perdre dans les couloirs : Entre les cours de préparation, les séances de respiration, les examens prénataux, les échographies, les Doppler, les prises de sang, les triples-tests et les CTG quotidiens en fin de parcours, lorsque vous arrivez à la maternité, si vous ne vous sentez pas en terrain connu, c'est que vous êtes partis en voyage d'affaire pendant plus de 6 mois. Une fois sur place, vous pourrez demander un lit de camp, aller vous faire des tisanes au fenouil dans la cuisine de l'étage et passer des heures dans un hôpital sans voir un seul malade. Il ne manque qu'un bar ouvert après 18h, mais ça peut s'arranger avec les frigos dans la salle de bain (comment ça c'est pour le lait et pas pour les bières ?)
- Pourvu que ma femme ne perde pas les eaux dans ma toute nouvelle voiture-de-papa : En ce qui nous concerne, la césarienne programmée deux semaines à l'avance a enlevé une grande part du suspense. Mais dans les cas d'accouchement par voie basse (ha, la poésie de la terminologie médicale…), pour un premier bébé, le travail dure en moyenne une bonne dizaine d'heure avant l'expulsion. Donc, à moins d'insister pour terminer l'intégrale du Seigneur des Anneaux, vous devriez avoir le temps lorsque votre femme vous fait signe qu'il est temps d'y aller.
- Déjà que je déteste découper le poulet, je ne me vois pas couper le cordon ombilical : en fait, le cordon est déjà bien sectionné par des pinces en plastique. Couper le cordon ça ne ressemble pas trop à un ruban d'inauguration ; ça tient plutôt du symbole. Là où c'est vraiment sport, par contre, c'est si vous restez candidat en cas de césarienne. Pour ma part, j'ai préféré rester du côté du drap où l'on ne voyait pas trop ce qui se passait. Pour soutenir ma femme bien sûr. Par contre, vous n'échapperez pas aux soins du moignon avant qu'il ne tombe. Beurk.
- Si mon bébé n'est pas beau, je vais avoir la honte : C'est un paradoxe mais CHAQUE bébé est LE plus beau du monde. Et cela simultanément. Pour vous en convaincre, vous pouvez vous balader après l'accouchement avec votre petit landau à roulettes. Comme on le voit sur la photo ci-dessus, il est équipé de parois en plexiglas pour que tout le monde puisse bien observer. Dans les couloirs de la Maternité Grande-Duchesse Charlotte, et j'imagine partout ailleurs, on voit les papas, sortis soit-disant pour calmer leur rejeton, jeter un coup d'œil aux étiquettes scotchées sur l'avant du chariot, qui indiquent le prénom, la taille et le poids de l'enfant. Ca permet de comparer les scores de départ. Ensuite, vous regardez discrètement la tête du gamin et vous repartez avec un sourire discret. Dès le plus jeune âge, il est toujours possible de trouver pire : plus jaune (photo noir et blanc obligatoire pour les faire-part), plus déformé du crâne (option "pointe d'obus" pour les voies basses ou "casque de vélo" pour les césariennes), plus fripé (un bain de 9 mois laisse forcément des traces), plus poilu, plus amorphe, plus pelé, plus bruyant, moins réveillé, plus griffé… Si vraiment, votre bébé fait exception à la règle, vous pouvez toujours dire aux visiteurs qu'il tient beaucoup de votre belle-mère.
Je confirme un seul préjugé : les infirmières et les sages-femmes sont très gentilles et extrêmement dévouées. Surtout celles de la nuit. Encore merci à elles. Quand on y pense, ces femmes ont porté dans leur bras, lavé, changé et porté la grande majorité des habitants du Luxembourg. Je ne sais pas si elles se disent cela lorsqu'elles se promènent en ville... mais elles ont vu les fesses de bien des passants.


4 commentaires:
On ne fait plus la respiration du chien depuis une quinzaine d'années (à part dans les téléfilms programmés le dimanche après-midi sur tf1)
;)
C'est vrai, c'est bien, la maternité de la grande duchesse ?
J'espère que ta femme se remet bien, en tout cas.
Plein de bonheur !
oui, je confirme notre bonne impression sur la maternité de la route d'Arlon.
Par contre, déception, on n'a pas trouvé de grande duchesse parmi les sages femmes (mais Maria Teresa est en photo au premier étage avec un de ses bambins, et on a des médailles de Charlotte à l'accueil).
oui je confirme la qualité de ce que font les sages-femmes à la route d'Arlon. Nous y sommes allés deux fois et elles ont chaque fois fait un boulot terrible. Il y a juste que la première fois elle aurait dû s'éloigner un peu plus de moi en appelant la gynéco, parce que j'ai entendu répondre celle-ci : ok, est-ce que j'ai le temps de sortir le chien ?
ralph
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