31 mai 2007
29 mai 2007
Bob, Raoul et Sam sont dans une auto...
Au Luxembourg, on a Raoul. En Belgique, cela fait bien longtemps qu'ils ont des Bob (et des Bobettes). En France, dernièrement, est apparue Sam. C'est un étonnant phénomène que cette personnification du conducteur sobre, qui se répand à travers l'Europe sous des avatars chaque fois nouveaux. On imagine bien que des hordes d'experts en sécurité routière ont fait cogiter leur matière grise en connexion avec des hordes aussi nombreuses d'experts en marketing et communication pour arriver à créer autant de personnages différents.
Honneur aux premiers, les Belges, qui ont donc choisi de donner un nom à la lutte contre la conduite en état d'ivresse en encourageant les jeunes à tirer au sort une personne chargée de ramener toute la bande à bon port AVANT d'arroser la soirée. Avouons que la méthode consistant à désigner le perdant du jeu à boire n'est pas la meilleure. En 1991 en Flandres, puis en 95 en Wallonie, est apparu Bob. Pourquoi Bob ? L'histoire ne le dit pas, mais on imagine que le prénom passe aussi bien en néerlandais qu'en français, et qu'il n'est porté par aucun membre de la famille royale ni homme politique du pays, ce qui est déjà une performance. La police a distribué des porte-clés jaunes à tous les jeunes contrôlés négativement à l'alcootest, et l'expression "faire le Bob" (ou la Bobette) est passée dans le langage courant des citoyens du roi Albert. Vous pouvez faire le test, presque tous les jeunes Belges ont un porte-clés comme celui-là :
Les Luxembourgeois ont suivi leurs voisins avec Raoul et son slogan "Quand Raoul roule, il ne boit pas". A part cette expression et l'indémodable "Cool Raoul", on ne comprend pas trop le choix du prénom, qui n'a pas grand chose de local à ma connaissance, mais il faut dire qu'on n'a que 400 000 habitants, donc c'est moins facile de trouver des hordes d'experts en communication parmi la population. D'ailleurs, Bob n'a pas de porte-clés, même pas de site internet qui fonctionne, à peine quelques campagnes dans les cinés et sur RTL, et une mallette payante pour la sensibilisation quand les Belges offrent des roulettes aux patrons de café pour désigner les Bob. La communication visuelle manquait un peu de constance, avec d'abord un petit bonhomme pixellisé dans une voiture légo, puis un look seventies, remplacé depuis quelques semaines sur les bords de nos autoroutes par d'horribles affiches montrant un bébé demandant à son papa de ne pas rouler trop vite (mais les mamans peuvent faire des gros burns sur la bande d'arrêt d'urgence).
En France, le prénom Sam a été choisi fin 2005. Parce que Sam ça peut être le diminutif de Samuel ou de Samantha, et donc indifféremment un homme ou une femme. Ce qui est précieux quand il s'agit de trouver une personne sobre à une soirée. L'histoire ne dit pas, par contre, qui a choisi l'hideuse tête blanche, ni le nom du site en langage SMS-parskoné-jeunes, ni l'absurde slogan "celui qui conduit c'est celui qui ne boit pas". Comme si tous les autres étaient obligés de se mettre une énorme charge et de vomir par les vitres baissées de la 206 de Sam qui conduit fièrement avec son grand sourire et ses grands yeux tout ronds...
26 mai 2007
Fête des Voisins

Mardi prochain est organisée au Luxembourg, et dans tout l'Europe, la Fête des Voisins. Ce sera la 8° en France, d'où est partie l'initiative, et la 5° dans les 21 autres pays. La raison officielle de cette manifestation est de rompre l'isolement des personnes et leur individualisme en créant un moment de convivialité partagée où chacun apporte son paquet de saucisses, sa salade de pâtes ou sa mini-tireuse à bière. Evidemment, tout cela est un prétexte. Un prétexte pour tester si ces curieuses personnes qui croient que c'est nous qui sommes des voisins, et qui vivent à côté de chez nous, ont vraiment forme humaine. Mardi prochain, avec un peu de chance, vous pourrez savoir :
- Qui se cache derrière la voisine qui prend plaisir à donner à manger aux pigeons sur son balcon afin qu'ils se multiplient et défèquent de concert sur les voitures garées en bas de l'immeuble, dont la vôtre ?
- A quoi ressemblent ces incroyables monstres qui, lorsqu'ils ne pleurent pas, jouent aux billes sur parquet, marchent avec des sabots, chantent horriblement faux, jettent des enclumes par terre, dansent des claquettes dans le couloir et sont incapables de jouer correctement la lettre à Elise de Beethoven malgré leurs essais répétés depuis plus de 6 mois ?
- Est-ce que la famille du 4° est véritablement sourde au plus haut point, ou bien est-ce pour mieux profiter de la bande son de "Très Chasse, Très Pêche" qu'ils regardent la télévision à 4h du matin avec le volume au maximum ?
- Au contraire, la voisine du dessous qui tape avec son balais dès que vous tirez une chaise, allez aux toilettes après 21h ou invitez des gens à manger a-t-elle des oreilles de Dumbo ?
- Faut-il réellement demander au syndic de mettre l'immeuble aux normes antisismiques pour résister aux orgasmes à répétition de la jeune femme d'à côté ?
- Est-ce qu'il reste encore longtemps à vivre au chien du 6° qui hurle à la mort quand ses maîtres ne sont pas là, et joue avec eux quand ils y sont ?
Anne et moi, on ne participera pas à ces réjouissances, pour la bonne raison que dans notre nouvel immeuble on n'a pas de voisin. Notre appartement est le seul du palier, celui du dessus est en cours de rénovation et celui d'en-dessous est le cabinet d'une pédiatre. Les hurlements s'arrêtent donc quand on rentre du travail. Le seul "trouble de voisinage", c'est que quand il fait beau la voisine de l'immeuble à côté étend en son linge dans son jardin en chantant des vieux airs portugais, pendant que son mari prépare le barbecue et que l'odeur de viande grillée nous fait regretter de ne pas avoir un petit jardin nous aussi...
25 mai 2007
La Menace Ultime
Si, à Luxembourg, tout le monde n'est pas riche, et loin de là, il faut néanmoins reconnaître qu'on a parfois l'impression d'être dans ce village d'Italie où la légendre raconte que les habitants avaient l'habitude de jouer ensemble au loto et qui, un beau jour, a remporté le gros lot. Cela fut un désastre. Avoir de l'argent ne fait pas toujours du bien à certaines personnes.
Ce soir, on a profité du beau temps du début de week-end pour manger une pizza sur une terrasse. Le gars à la table à côté est arrivé au volant d'une BMW coupée, avec des pneus de la taille de ceux d'une formule 1 . Et des jantes, je vous raconte même pas. Les jantes, ici, j'en ai déjà parlé, c'est LA marque de la réussite sociale. Si vous êtes capables de claquer autant de pognon dans un truc aussi inutile que des jantes 19 pouces, c'est que vous êtes vraiment plein aux as. Donc, ça vaut le coup de s'endetter pour acheter des jantes. Bref, le gars avec les chaussures beiges et la veste cintrée qui vont bien avec la voiture s'installe à la table à côté. Avec, entre autres, son gamin. Et là, c'est quand même l'avantage avec les abrutis, il se met à parler fort. Très fort. Du coup, on a pu profiter de ses principes et de sa théorie sur la vie. Je ne vous en livrerai qu'un exemple, l'argument massue pour que son fils soit un minimum sérieux :
"Il faut travailler à l'école. Si tu ne travailles pas à l'école, tu finiras en voiture française. Une Peugeot ou une Lupo. Ou je ne sais quoi."
Trop la classe.
24 mai 2007
Ras le Poutine

Entendons-nous, monsieur Poutine, vous pouvez tout à fait mettre sur le dos des Tchétchènes tous les attentats du monde. Je ne vois pas non plus d'inconvénient majeur à ce que vous réprimiez les manifestations demandant plus de démocratie et autorisiez celles visant à célébrer l'anniversaire d'Hitler, ni à ce que vous envoyiez casser des cailloux Sibérie les personnes un peu trop puissantes à votre goût. Votre façon de faire taire les journalistes un peu trop curieux, Vos discours populistes, votre politique autoritaire, votre propension à favoriser vos anciens amis du KGB, vos propos belliqueux envers les USA, votre soutien masqué à l'Iran, votre façon de favoriser le libéralisme économique au mépris de la liberté, votre façon de soudoyer les puissants occidentaux pour gagner des appuis, vos méthodes expéditives, vos confusions entre pouvoirs judiciaires et exécutifs, tout cela, ça passe encore.
Mais ce qui est vraiment inadmissible, monsieur Poutine, c'est que vous bloquiez toute la ville pendant toute la journée. La prochaine fois que vous voudrez rencontrer notre bien aimé Premier Ministre (peut-être pour lui proposer une place d'administrateur dans une société amie, comme à son ex-collègue Gerhard Schröder ?), ou que vous voudrez vérifier l'état de vos comptes en banque, ou que vous voudrez vous assurer que le Parlement européen continuera bien à fermer les yeux sur vos violations des droits de l'homme en échange de robinets énergétiques largement ouverts et de promesses de marchés fructueux, s'il vous plaît, Monsieur Poutine, garez votre limousine au P+R et prenez le bus 18 comme n'arrête pas de nous le seriner la ville de Luxembourg. La mobilité douce, comme on dit ici, c'est pas pour les chiens.
Merci.
23 mai 2007
Les Timbres du Cactus
On connaît la passion du nouveau président français pour sa collection de timbres postes. Quelques lecteurs (mais ils sont rares et habitent plutôt du côté de Saint Etienne que de Luxembourg) savent que j'ai également, dans ma jeunesse, collectionné des trucs plus ou moins étranges : des bouteilles d'eau de mer de différents coins du monde, les timbres (dans des proportions n'intéressant pas le Canard Enchaîné), des fèves de galette des rois, quelques pièces de monnaie étrangères, sous-bocks de bière, pin's ou porte-clefs et, surtout, comble du raffinement et du bon goût, des couvercles de boîtes de camembert. Comme tout un chacun, j'ai eu aussi ma période images du chocolat Poulain, vignettes Panini (inépuisable manne financière pour le commerce extérieur italien), mais pas de points Artis-Historia, dans la mesure où j'habitais du bon côté du Quiévrain. Outre ce défunt système de fidélisation des Belges par la culture, qui a fait faillite malgré son incroyable succès (on estime que 30 % des habitants du plat pays ont collectionné ces points jusqu'en 2006, année où les points restants furent rachetés à 1 cent pièce), je suis passé à côté des étiquettes de bouteilles de vin ou d'eau minérale, des paquets de cigarettes, des soupières en porcelaine, des muselets de champagne, des cafetières, des boîtes de sardines. Aujourd'hui, je confesse encore un petit faible pour les bandes dessinées, les DVD et les CD, ainsi que les flyers de marabouts, qui ont l'avantage d'être faciles à déménager.
C'est pourquoi la première fois qu'une caissière du Cactus m'a demandé si je collectionnais les timbres, je fus quelque peu surpris. Etait-ce un moyen subtil d'aborder un inconnu, selon une tradition luxembourgeoise ? Avait-elle, de son côté, un gros tas de doubles à échanger ? Pas du tout, en fait de timbres, il s'agissait d'autocollants offerts pour 10 euros d'achat, à rassembler dans des délais assez raisonnables, et qui donnaient droit à des produits gratuits en fonction du nombre de timbres collectés.
D'un naturel peu réceptif aux sirènes du marketing, et soupçonneux de devoir faire mes courses 10 fois par jour dans la même grande surface pour gagner petite cuillère après petite cuillère, j'ai d'abord négligé l'offre. C'était une erreur. Je vous le dis comme je le pense, alors même que je n'ai jamais réussi à avoir suffisamment de points Esso pour ne gagner ne serait-ce qu'un gratte-vitres en forme de tigre, je viens de compléter mon 3° collecteur Cactus.
Je pourrai donc vendredi, tel un véritable Luxembourgeois, présenter fièrement mes points et repartir avec mon lot de serviettes éponges, qui viendront rejoindre mes verres Villeroy-et-Boch (Luxembourg oblige) et mes couteaux coupants comme un sabre de chez Hattori Hanzo. J'en serai d'autant plus heureux qu'il semble que ces serviettes permettent de prendre un bain sans se mouiller, si j'en crois le maquillage impeccable de la demoiselle sur la photo.
Car ici, collectionner les timbres relève de l'identitié nationale. Quand bien même on roulerait en grosse voiture allemande, on habiterait une maison de 4 étages avec piscine et jacuzzi, on boirait du champagne à la moindre occasion, il en demeure tout de même que, à Luxembourg aussi, on sait trouver des bonheurs simples comme ces petits cadeaux de la grande distribution.
21 mai 2007
C'est pas les saucisses qu'il faudrait piquer...
20 mai 2007
Un Faible pour l'Effort ?
- La cité qui veut montrer, au delà de son image caricaturale de place financière et de gros village, qu'elle est capable de se hisser au niveau de Paris ou de New-York en proposant une manifestation sportive d'envergure, quitte à faire tourner les gens 3 fois autour d'un centre sportif pour réussir à atteindre les 42 kilomètres et des poussières réglementaires.
- Ses habitants qui peuvent annuellement expier les festivités hypercaloriques (saucisse, patates sautées, jarret de porc, gaufres de Jean-la-gaufre, gromperekichelcher, Bami-Noudel, bière et merlan frit) en se fixant un désormais rituel effort commun à la mi-mai pour lequel il faut s'entraîner plusieurs mois, participer à des séances en groupe, voire en entreprise, pour afficher un moral de vainqueur et montrer qu'on est capable de se déplacer autrement qu'en grosse cylindrée allemande.
De mon côté, peu enclin à faire subir une telle violence à mon pauvre corps qui, s'y j'en crois les douleurs procurées par le moindre effort, n'a clairement pas été conçu pour être poussé dans des retranchements très physiques, je me cantonne à un rôle de spectateur. A la fois amusé et admiratif de cette communion dans l'effort, le dépassement de soi et la transpiration. Voire le vomi et l'évanouissement, passé la ligne d'arrivée pour les plus endoctrinés des participants, poussés par leurs maris, collègues, amis, ou par la société toute entière qui mesure son progrès, son rendement et sa productivité à l'aune de ses performances physiques toujours dépassées : plus vite, plus loin, plus haut, comme disait l'autre.
En tout cas, bravo à tous ceux qui ont participé, d'autant que le relief naturel de la ville ne favorise pas les parcours faciles. Songez également qu'il y a des gens encore plus fous, qui, avant de courir un marathon, s'échauffent avec 3,86 kms de nage et 180,2 kms à vélo. L'Iron-Man propose ce genre de réjouissances aux stackhanovistes de l'effort et autres amoureux de la tendinite. L'édition française aura lieu le 24 juin à Nice, les inscriptions sont ouvertes jusqu'au 24 mai. En partant demain matin à cloche pied et avec un sac de pierres sur le dos, vous devriez arriver à temps pour le départ...
18 mai 2007
A court de Justice ?
Curieusement, j'ai reçu plusieurs demandes de chronique sur la mystérieuse tente qui est apparue devant le siège de la Cour de Justice Européenne au Kirchberg. Je dis "curieusement" parce que je ne suis ni journaliste, ni enquêteur, ni fonctionnaire européen. Néanmoins, étant en congé ce matin, j'ai pris mon appareil photo et je suis allé faire un petit tour sur le plateau qui abrite les institutions européennes au Grand Duché, bien décidé à faire toute la lumière sur cette mystérieuse tente qui n'a, à ma connaissance, pas fait l'objet de beaucoup d'information. Que se cache-t-il derrière cette tente : l'ouverture d'un nouveau camping au Kirchberg, avec un emplacement idéal près des voies de communications, à deux pas d'une piscine olympique et d'un centre commercial ? Un fonctionnaire qui a envie d'arriver tôt au travail le matin ? Un Enfant de Don Quichotte qui n'a pas trouvé le canal Saint Martin ? Un banquier qui préfère les charmes de la nature aux chambres aseptisées du Sofitel voisin ? Toutes ces hypothèses n'étaient quand même pas très plausibles.
Pour ma première tentative de reportage, je dois avouer dès le départ un succès très limité : personne n'a répondu à mes "hello, is there anybody here ?" et je n'ai pas eu beaucoup plus de chance en lisant les textes peints sur les divers panneaux et sur la toile de tente elle-même. Par contre, je peux vous révéler (incroyable...) que ce campement abrite une personne visiblement peu satisfaite et qui, pour se faire entendre, a décidé de loger à la même adresse que la Cour de Justice. Techniquement parlant, c'est vrai que tous ces espaces verts au Krichberg, ça ne sert à rien, on aurait mieux fait de mettre du béton partout, alors autant s'installer au milieu des pâquerettes et faire sécher son linge sur des fils tendus entre les arbres qui survivent encore.
Il est dur de comprendre vraiment à quelle noble cause se consacre ce monsieur malgré le nombre d'inscriptions un peu partout (sur la tente, une table de pique-nique, des pancartes...) qui en appellent à Messieurs Coulon (tribunal de première instance de la Cour), Frattini (Vice Président de la Commission européenne, en chargé de la Justice, de la Liberté et de la Sécurité), Faull et Brun (DG Justice) dans un mélange d'Allemand, d'Anglais et de Français qui fait honneur au multilinguisme de l'Union, à défaut d'être très compréhensible pour le commun des mortels.
Par contre, je crois qu'il est vraiment en colère, comme le montrent les bidons d'urine bien macérée sur lesquels sont peints "Corruption", "Mafia" et "European Union" ou la croix plantée devant la tente avec l'inscription "Here die the democacry again", une croix de David et l'autocollant du cerf de l'année de la culture (si ça se trouve, c'est une installation de Jan Fabre ou de Wim Delvoye, échappée du Mudam voisin). Si cela ne suffisait pas à prouver que ce monsieur est révolté contre la Grèce, José Barroso, la France, Guantanamo, l'UE, la "Mafia Européenne" et, j'imagine, le complot international judéo-américano-technocrato-franc-maçon, il y a un détail qui montre sa détermination : à gauche de son campement, entre deux pots de bégonias et deux bidons de Cristalline détournés de leur fonction première, on remarque une impressionnante collection de boîtes de raviolis "Pouce", achetés au Auchan d'à côté. Et ça, se nourrir exclusivement de ce genre de conserve, à peine réchauffées sur un butagaz, ça doit être encore pire que faire une grève de la faim.
17 mai 2007
Cannes, you feel it
- Parmi les stars de cinéma qui bondissent sur l'affiche officielle, un intrus c'est glissé, saurez-vous l'identifier : Pedro Almodovar, Juliette Binoche, Jane Campion, Djibril Cissé, Penelope Cruz, Gérard Depardieu, Samuel L Jackson, Bruce Willis ou Wong Kar Wai ?
- Parmi ces réalisateurs sélectionnés cette année, lequel n'a pas encore remporté la palme d'or : les frères Coen, Emir Kusturica, Quentin Tarantino ou Gus Van Sant ?
- Que va faire Sophie Marceau cette année pour faire parler d'elle : présenter une copie restaurée de l'Etudiante de Claude Pinoteau, tourner un remake de la Boum avec Rocco Siffredi, faire tomber le bas de sa robe de soirée ?
- A l'hôtel Majestic, on est plutôt homard ou langouste ?
- Plutôt que monter bêtement 24 marches à l'allure d'une tortue sous Lexomil, que vont faire plusieurs milliers de personnes à Luxembourg samedi soir : battre le record de la plus longue Mettwurscht du monde, courir 42 kms sous la pluie ou bien prendre l'ascenseur du Grund pour arriver dans le centre ville et regarder des vidéos expérimentales au Casino Luxembourg un peu moins commerciales que les block-busters cannois ?
- Djibril Cissé, évidemment, dont le rôle dans Taxi 4 n'a pas encore suffi à le faire accepter par ses pairs, jaloux de son succès, de sa coupe de cheveux et de sa détente. Par contre, Souleymane Cissé figure bien sur l'affiche. Mais ça n'a rien à voir.
- Ils l'ont tous déjà remportée. Le festival de Cannes, c'est un peu comme les voyages Belgian Favorites de Thomas Cook, on retrouve toujours les mêmes têtes. En fait, le plus étonnant c'est que Wong Kar Wai ne l'ait jamais remportée, même pas pour In the Mood for Love. Alors, cette année, évidemment, les outils scientifiques de prévision le donnent favori, mais on peut toujours compter sur le jury pour nous sortir un petit Coréen ou un Roumain de derrière les fagots...
- Elle seule le sait, les paris sont ouverts. Il faudra quand même faire fort pour être plus médiatisée qu'en 2005 ou son sein gauche avait bénéficié d'une certaine surexposition. Comme d'habitude, on surveille le palais des festivals ou le dîner de gala de l'Amfar : s'il vous plaît, messieurs les serveurs, resservez-lui encore un peu de champagne.
- D'après les chiffres officieux, le homard explose complètement la langouste avec 2 tonnes contre 800 kilos. Merci de ne pas y voir une comparaison avec de récentes élections et la mine incroyablement bronzée du dernier vainqueur en question, qui donne l'impression qu'un solarium a été installé à l'Elysée.
- Collectivement, le record des plus gros mangeurs de saucisses sera peut-être battu puisque ce sera la fête samedi soir au Luxembourg. Ceci dit, même si les restos resteront ouverts jusque minuit pour l'occasion, le prétexte c'est quand même de courir un marathon. Le second de l'histoire de la ville. Quant aux vidéos expérimentale, autant les regarder demain, journée mondiale des musées, où l'accès à l'exposition sera gratuit. Pour ma part, je vais faire un tour loin de toute cette agitation. Le sport, ça ne m'intéresse pas tant que ça, les bouchons qui vont avec, je connais déjà, et les saucisses, on aura d'autres occasions...
16 mai 2007
Boulevard Royal
15 mai 2007
Tentures et Tortures
Du coup, nous n’avons jamais investi dans des rideaux.
13 mai 2007
La Saison du Bamkuch
Le mois de mai c'est la saison des premières communions et le début de celle des mariages. A côté des pièces montées, dans les pâtisseries du Luxembourg, on trouve un étrange gâteau : le bamkuch (prononcer "Bamkourrr").
Si vous êtes vraiment motivés, vous pouvez toujours fabriquer vous-même une pièce montée. Votre cuisine risque de ressembler à un champ de bataille après la cuisson d'une cinquantaine de choux et la confection de deux kilos de nougatine pour essayer de consolider l'édifice. Mais, techniquement, l'exploit reste faisable. Alors que le Bamkuch, lui, requiert un équipement qu'on ne rencontre jamais dans les cuisines particulières, fussent-elles aussi bien équipées que celles du Grand-duché. C'est un gâteau qui nécessite une énorme broche horizontale et un bac pour récupérer de la pâte liquide. En effet, le gâteau est préparé par un pâtissier qui verse sur un axe en rotation une sorte de pâte à crêpe parfumée à l'alcool puis referme un couvercle chauffant quelques secondes avant de réitérer l'opération. En tournant et en cuisant, la pâte forme des couches successives et fait des anneaux qui donnent à l'ensemble une curieuse allure de totem ou de tronc de palmier. On voit assez bien comment ça fonctionne sur le site de Namur, et il y a également de temps en temps des démonstrations dans les grandes surfaces ou à la foire de printemps.
Suivant votre appétit et le nombre de convives, vous pouvez commander un gâteau plus ou moins haut, le diamètre restant assez standard, si on fait exception des mini-bamkuch fabriqués depuis peu par la maison Oberweis. On peut couronner l'édifice aux multiples anneaux par deux personnages en tenue de mariage, une couronne de nougatine ou toute autre fantaisie, tant que vous pouvez toujour passer sous les portes avec. Pour goûter, si vous n'avez ni communion ni mariage en vue, deux solutions. Soit vous organisez un co-bamkuchage avec 40 collègues et amis aussi impatients que vous d'enrichir leur connaissance de la gastronomie locale (par exemple en passant une annonce dans Luxbazar), soit vous achetez une tranche déjà découpée, qui présente alors plutôt l'allure d'un anneau et perd un peu de la superbe du gâteau dressé tel une colonne antique. Ou un attribut viril, dirait un psychanalyste. Le morceau de carton au centre du cercle donne à l'anneau un la forme d'une autre sorte d'objet, également présenté sous forme de rouleau, mais se situant à l'autre bout de la chaîne alimentaire. La comparaison s'arrête là, car le gâteau est très bon, quoique assez consistant. Le goût reste assez proche d'un baba au rhum en plus léger.
Pour votre culture personnelle, sachez que c'est en 1983 qu'a été confectionné le plus haut bamkuch du monde, d'une hauteur de 15 mètres homologuée par le Guinness Book, à l'occasion du centenaire de la fédération des pompiers luxembourgeois. La compétition ne doit toutefois pas être féroce dans la mesure où je crois qu'on ne le trouve qu'ici, et dans les régions allemandes proches de la frontière, où les autochtones ont tendance à le recouvrir d'une couche de chocolat, ce qui n'est pas vraiment orthodoxe.
09 mai 2007
Train d'enfer
De temps en temps, vous faites tout pour arriver à l'heure à un rendez-vous. Vous prévoyez qu'il risque d'y avoir des bouchons. Vous prenez en compte le risque d'avoir à tourner pour trouver une place. Vous allez jusqu'à imaginer que vous pourriez connaître un ennui mécanique. Alors, vous avancez votre réveil pour arriver plus tôt au boulot, vous zappez la pause café de 10h, vous travaillez sans lever les yeux de votre écran pour terminer à midi pile. Juste avant de mettre les voiles, vous vérifiez que votre trajet est bien en vert sur le site du CITA. Vous partez un peu plus tôt que d'habitude. Rien ne pourra vous empêcher d'être ponctuel.
Rien ?
C'est ce que vous croyez.
Remontant de la Pétrusse, rempli de Chinois et de Hollandais (ces deux peuples, par ailleurs assez différents, partagent la même et curieuse envie irrépressible de visiter le Luxembourg), roulant à une allure de 3 km/h, le train touristique vous passe juste devant au moment où vous alliez entrer sur le boulevard Roosevelt. Il ne vous reste plus qu'à observer le spectacle des touristes recevant la parole céleste d'un casque suspendu au plafond du wagon. L'histoire de Luxembourg-ville arrive directement dans leur cerveau, ils n'oublieront jamais que c'est Vauban qui a construit les remparts, et le compte Sigefroid qui a fondé le pays en 963. En attendant, vous faites contre mauvaise fortune bon coeur et vous vous dites que, au moins, depuis que vous tenez un blog, vous pouvez toujours vous consoler en racontant vos petits malheurs à la terre entière.
08 mai 2007
La campagne, elle n'est que trop crade
07 mai 2007
Lunch-Box-Office
Le principe est habile, et on se demande bien pourquoi on n'y avait pas pensé avant, lâchons-nous un petit peu et imaginons ce que cela aurait pu donner :
- Le Hannibal-Lecter-Burger : avec de la cervelle rissolée et revenue aux fines herbes, un hamburger bien saignant et en forme de tête humaine.
- Le Bambi-Burger : un pavé de biche saisi à point, entre deux tranches de pain de campagne pleines de tendresse.
- Le Père-Noël-est-une-Ordure-Burger, fait à la main et roulé sous les aisselles, avec comme une seconde couche à l'intérieur. Fait avec tout plein de bonnes choses, de la margarine, du cacao de synthèse, de la saccharose et colmatté avec des schpotzis, pour que les odeurs s'exhalent quand ces derniers fermentent.
- Le Casimir-Burger, constitué évidemment d'un pain fourré au gloubi-boulga (soit, pour les moins de 30 ans, de la confiture de fraise, du chocolat râpé, de la banane écrasée, de la moutarde forte et une saucisse de Toulouse crue mais tiède).
- Le Memento-Burger, avec des ingrédients normaux de hamburger, mis dans le désordre : une tranche de pain entre deux beefsteacks recouverts de sauce sur une feuille de salade.
- Le Shrek-Burger : un sandwich énorme et entièrement vert, avec deux oreilles en forme de trompe sur les côtés, servi avec une boisson hyper-gazeuse pour favoriser les renvois les plus sonores possible.
06 mai 2007
Une époque formidable
05 mai 2007
Barbarism begins at Home
L'autre soir, on regardait Robert Badinter à la télé quand, pour répondre à ma femme qui me demandait qui c'était je lui répondis : "C'est celui qui a fait abolir la peine de mort en France". Les Belges ont beau connaître assez bien l'histoire de France, il y a forcément des noms ou des événements qui leur parlent moins qu'à nous. Mais ce qui l'a étonnée c'est que l'homme qui a fait cela soit encore en vie. Et pour cause, lui réponds-je, c'est Mitterrand qui l'a abolie en 1981, à l'époque où la démocratie ne consistait pas simplement à gouverner pour faire plaisir au plus grand nombre mais en fonction de convictions politiques auxquelles on croyait. "Tu veux dire que jusqu'en 81 il y avait des gens en France qui étaient envoyés sur une chaise électrique ?
- Non, je crois plutôt qu'on les guillotinait. A l'ancienne.
- Arrête, ce n'est pas possible."
Alors je me suis renseigné et, cela m'a finalement paru surréaliste : en 1977, on tranchait encore des têtes dans mon pays des lumières, mon pays de liberté, égalité, propriété. L'Etat recrutait des bourreaux, agents contractuels formés au maniement de l'engin, à son nettoyage et à son entretien, de père en fils ou d'oncle en neveu qui se refilaient la charge d'exécuteur de la République comme une malédiction héréditaire.
Côté belge, la peine de mort n'a été abolie qu'en 1996, mais la dernière exécution remonte à 1950 pour un crime de guerre et 1863 pour un crime de droit commun (avec une exception en 1918 pour un soldat que le roi ne voulait pas grâcier, eu égard à ses collègues qui avaient laissé leur peau dans les tranchées). Au Palais de Justice de Bruxelles, les curieux peuvent admirer une collection de vingt-quatre têtes de décapités, moulées dans le plâtre. Bref, ça fait bien longtemps qu'on n'y aiguise plus les lames que pour découper des pommes de terre.
Et le Luxembourg, alors ? Comme le Grand Duché a hérité, pour une large part, du droit français, à travers notamment le code civil napoléonien, la peine de mort y existait aussi. Elle a été abolie en 1979 et la dernière exécution y remonte à 1949.
Tant qu'on est dans la chronique pas drôle, pour ceux qui doutent de leur opinion, pour ceux ne voient dans l'Europe qu'une machine à technocrates carburant au libéralisme, pour ceux qui croient que tout va de plus en plus mal en France depuis l'époque bénie de Pompidou ou de Gaulle, voici une saine lecture.
03 mai 2007
Narcissisme en Kit

02 mai 2007
Championnat du Monde de Mauvaise Foi
01 mai 2007
Culture physique
- Le non-être et le néant, existentalisme et nihilisme chez Paris Hilton;
- Sémiotique de l'amour et connotations du désir dans les clips de Robbie Williams;
- Refus des conventions et éthique de l'action ou l'influence d'Aristote sur l'oeuvre écrite de Jean-Marie Bigard.
Par ailleurs, il me semble voir un mouvement vers l'analyse des signes et des symboles de notre société. J'ai lu récemment dans le Nouvel Observateur un article qui proposait à différents écrivains de prendre, dans la mesure du possible, la suite de Roland Barthes afin d'écrire une version actualisée de ses Mythologies. A la place de la DS Citroën, de Minou Drouet ou des matches de catch, on lit dans l'article ce que les poussettes à trois roues, le GPS, Diam's, le tailleur de Ségolène Royal, l'iPod, le commerce équitable, la capsule Nespresso, la fraise gariguette ou les 4x4 urbains disent de notre société occidentale.
Et si je me dis que tous ces sujets auraient fait d'excellents thèmes de chroniques, force est de reconnaître que les auteurs qui se sont prêtés à l'exercice ont autrement de talent que ce que je pourrais tenter à mon clavier. Alors, bonne lecture !









