22 juin 2007

Touche pas à mon Spot


Au Luxembourg, cet été, le public peut voter pour les publicités qu'il a préférées en 2007. On appelle cela les Victor Media Awards.
Vue l'étendue du marché local, rares sont les entreprises qui investissent dans des budgets publicitaires colossaux pour promouvoir leur soupe au Grand Duché. Parmi elles, il y a Bernard Massard, qui a choisi de nous convaincre d'acheter son crémant en nous montrant un couple qui s'embrasse langoureusement pendant que madame se parfume avec des gouttes du divin breuvage. Tout cela sur un fond musical à mi-chemin entre du Kruder-Dorfmeister et du easy listening. Ce mode de consommation pour le moins original présente l'avantage de permettre de rester sobre quelle que soit la quantité de crémant utilisée dans la soirée. En plus, 8 euros la bouteille de parfum de 75 cl, c'est plutôt bon marché.

Une seconde catégorie d'annonceurs choisit d'amortir son investissement sur la durée. On saluera Eldoradio, dont le spot à base de voisins qui dansent sur du Shabba Ranks n'a pas pris une ride. Disons plutôt 3 ou 4.

Enfin, il y a la catégorie cheap assumé et second degré. La publicité Nissan, réalisée par un graphiste stagiaire sur un Amiga 600, est un peu extrême. Dans le domaine, on pourra préférer la compagnie d'assurance La Luxembourgeoise, dont les spots mêlent des parodies de Terminator ou Harry Potter, jouées par des acteurs qui font très couleur locale, et qui se terminent toujours par la devise "zu gudder Lescht, dach dei Bescht".

Mais le top du top, en publicité comme ailleurs, ça reste l'humour. Et, pour ça, pas besoin de gros budget, juste de bonnes idées. A ce titre, je vote donc sans hésitation pour la sublime campagne au ciné de Pizza Hut où deux employés se battent pour savoir si le meilleur c'est la pâte ou les ingrédients.
Sinon, pas de chronique pendant une semaine pour cause de vacances. Bon vent !

19 juin 2007

Flop Modèle



En déménageant du quartier de Bel-Air pour celui de Bonnevoie, nous savions qu'un des côtés agréables de notre nouvel environnement serait la substitution des fiduciaires et cabinets d'avocats d'affaires par des commerces de proximité. Ce qui, avouons-le, est plus pratique dans la vie de tous les jours. Effectivement, dans un rayon de 500 mètres autour de chez nous, on trouve des boulangeries, des épiceries, des restos, des magasins d'électro-ménager, des agences de banques, des cafés, un commissariat, un bureau de poste, une boucherie (denrée rare au Luxembourg), un pressing et même une épicerie indienne, une grecque, un magasin bio, un magasin de perles et j'en passe. Il y a aussi, au coin de la rue, un magasin dont les vitrines opaques, barrées d'une grande inscription "MODEL SHOP", me semblaient d'assez bon augure lors de mon premier passage.

Quelle pouvait bien être l'activité de ce bureau de modèles ? Etait-ce la succursale luxembourgeoise de l'agence Elite ? Une agence de casting internationale de RTL, destinée à trouver les présentatrices de téléachat de l'Europe entière ? Je voyais déjà déferler les jambes interminables de créatures blondes venues directement des pays de l’Est tenter leur chance dans ces bureaux en charge de donner un visage à la prochaine campagne publicitaire des crémants Bernard Massard. J’imaginais voir descendre à l'arrêt de bus les lauréates des miss Portugal au Luxembourg, miss Cap Vert au Luxembourg, miss Italie au Luxembourg, miss Camping des 3 frontières, et miss Luxembourg-tout-court, en quête d'une après-carrière dans le mannequinat. Mais non. [Tout renseignements pris, d'ailleurs, il s'avère que le Luxembourg est un des rares pays européens à ne pas organiser d'élection de miss - à l'exception des miss spécifiques aux communautés étrangères. Depuis 1997, on se fiche éperdument de savoir si les natives d'Ettelbrück sont mieux roulées que celles de Dudelange, si elles aiment les animaux autant qu'elles détestent la guerre ou l'hypocrisie, et on s'épargne à la fois Geneviève de Fontenay et les défilés de demoiselles en maillots de bain et talons aiguilles, association encore plus incongrue que "Birkenstock et chaussettes"]

Lorsque le rideau s'est levé, au matin du deuxième jour, mes illusions se sont envolées. En guise de beautés, celles que propose ce magasin sont des modèles réduits, des petits tracteurs, des locomotives des CFL (ou d'autres compagnies), des trains de collection et même des chars Panzer miniatures. La probabilité de croiser Claudia Schiffer en allant chercher mes croissants le matin m'a semblé, tout d'un coup, redevenir bien mince.

18 juin 2007

Cloques en Stock


Contre toute attente, s'il y a bien un pays qui n'a pas jeté aux orties "l'esprit de mai 68", c'est notre voisin allemand. Quand Alain Juppé arrive (pardon, arrivait) en vélo dans son ministère, ça faisait cliché, et on se demandait à quelle distance suivait son chauffeur. Mais si Angela Merkel était arrivée au G8 en Birkenstock, là, ça aurait été crédible. A condition qu'elle évite quand même les chaussettes de tennis que, de façon complètement énigmatique pour un Français comme moi, les Allemands aiment à porter lorsqu'ils enfilent des sandales (si quelqu'un pouvait donner une explication à cette étrange coutume, je suis preneur).

La Birkenstock c'est confortable, hygénique, naturel, robuste. Ca aide à lutter contre le réchauffement plantaire (et planétaire ?), et ça permet, si ce n'est d'être heureux, tout au moins d'éviter d'avoir des ampoules, ce qui est l'une des trois conditions du bonheur avec l'absence de rage de dents et la perspective d'un bon repas.

Alors, quand arrive l'été, au Grand Duché encore plus qu'en France, proximité géographique oblige, on voit fleurir les orteils des teutons en goguette. Autant le casual friday est entré dans les moeurs et personne ne se formalise de voir un cadre en polo la veille de week-end, autant le doigt de pied est encore tabou au Luxembourg. Dans mon entreprise, seules certaines femmes s'y risquent, mais je sais qu'il y a des banques où il n'en serait même pas question. Même à la SES, où j'ai pourtant passé quelques mois dans une ambiance à la fois très germanique et très informatique, je crois n'avoir jamais vu arriver un collègue masculin en sandales ou en tongs. On mettra ça sur la liste de nos revendications le jour où l'égalité des sexes aura suffisamment avancé pour qu'on puisse, à notre tour, réclamer des améliorations à notre condition.. juste après le service national et les poubelles à descendre.

16 juin 2007

Je m'y Père


Autant je peux me souvenir de trucs aussi inutiles que des noms d'acteurs dans des films français des années 80, des paroles de chansons de La Compagnie Créole, de plats mangés dans un restaurant il y a une éternité, autant j’ai un problème de mémoire avec les chiffres en général, et les dates en particulier. Niveau numéros de téléphone, j'ai été sauvé par l'invention du GSM, dont j'apprécie largement plus la possibilité d'y enregistrer ses contacts que le caractère portable de l'appareil. Au bac d'histoire, je m'en suis sorti tant bien que mal, même si mon père ne s'est toujours pas remis que j'aie eu une meilleure note en gymnastique que dans la matière qu'il enseignait. Par contre, dans la vie de tous les jours, même avec un bon vieil organizer, Outlook, Yahoo Calendar et j'en passe, il y a encore des oublis qui sont un peu génants.

Pour les anniversaires, je me débrouille encore à peu près parce que ça revient tous les ans. Pour Noël et le réveillon, ça va aussi parce que je me sens concerné et puis, surtout, parce que ça tombe toujours aux même dates. J'arrive également à me souvenir des jours fériés, je ne me suis jamais pointé au travail un lundi de Pentecôte (on n'est pas chez les barbares ici). Mais il y a un truc qui est vraiment impossible, et c'est de saison, c'est la fête des mères et la fête des pères. Je mets les deux dans le même lot, parce qu'elles ont toutes deux la fâcheuse tendance à revenir tous les ans à des dates différentes et, en plus, sont complétement variables entre le pays où je vis, le pays d'où je viens, le pays de ma femme et l'autre pays dont on capte les informations. On voudrait nous y perdre complètement qu'on ne s'y prendrait pas autrement. Surtout que là, il ne faut pas nous sortit des excuses du type "C'est le calendrier lunaire" ou "c'est la faute au système métrique", on sait bien que cette tradition est très récente et que c'est vraiment pour lisser le chiffre d'affaire des marchands de cravates et de nouilles (pour les colliers de la dite matière) que les dates sont différentes partout. Résultat, vous risquez de vous pointer chez votre beau-père avec un épilateur électrique, et d'arriver le jour de la fête de votre maman avec une tronçonneuse. Ou, pire, d'oublier et de déclencher une guerre atomique.

En Allemagne, la fête des pères tombe toujours le jeudi de l’ascension, en Belgique c’était le week-end dernier (2° dimanche de juin), en France c’est une semaine plus tard (3° dimanche de juin) et, au Luxembourg, encore une fois bon dernier des classements internationaux, ce sera le 3 octobre. Moi je propose donc, si je suis élu à la prochaine présidentielle du Luxembourg, d'inclure la mesure suivante dans la prochaine constitution européenne : une date unique européenne, si possible calquée sur celle de Singapour, où on a choisi le 8 août (parce qu’en mandarin 8 se dit Pa, et donc 8-8 se dit Pa-Pa) ou celle de la Corée du sud où on fête les 2 parents le 8 mai. L'autre solution, ce serait d'y faire déménager toute ma petite famille, mais je crains qu'il ne soit difficile de trouver des Gromperekichelcher dans ces pays lointains.

15 juin 2007

Le Triangle sifflera 3 fois



Voilà, c'est officiel sur Google Trends, le merveilleux service (visiblement encore bien en version béta) qui permet de mesurer la popularité des termes les plus demandés sur le moteur de recherche : le programme de revitalisation de la science proposé hier sur ce blog commence déjà à porter ses fruits jusqu'aux USA, où le terme le plus en vogue sur Google, hier soir, n'était pas "Hamas", "Paris Hilton"," US Open", "Viagra", "Twitter" ou "Second Life", mais "Isosceles Triangle". Les Américains ont soif de géométrie euclidienne, qu'on se le dise.

Le terme a été qualifié par le moteur de recherche de 'Hotness : Volcanic'. Autant dire que c'est chaud comme une baraque à frites, comme dirait l'autre, alors je vais pas me priver pour faire un bon coup de spamdexing avant la période traditionnellement creuse du week-end : Triangle équilatéral. Théorème de Thalès. Pythagore. Trapèze. Section conique. Courbes de Lissajous. Angle droit. Hypothénuse. Pentagone. Parallélépipède. Ha, ha, je sens que mes chiffres de fréquentation vont littéralement exploser.

Bon, bientôt le retour du Luxembourg dans les sujets abordés. Excusez-moi et scheine Week-end, comme on dit ici.

14 juin 2007

Pourrir la Science

Found on Flickr - licence Creative Commons BY - Adaptée d'une photo de Heatkernel

Notre envoyé spécial dans les PMU de Meurthe-et-Moselle vient de nous signaler que, désormais, autour du zinc, les gens ne s’intéresseraient plus tellement aux équations différentielles du second degré, que la mécanique quantique ne ferait plus recette auprès des ménagères de moins de 50 ans, et que même le président de la république française préférerait se prendre des cuites à la vodka avec son copain russe plutôt que de discuter CO² avec son ami américain. Pourtant, sans la science, le monde serait ennuyeux. Par exemple, il n’y aurait pas de détecteurs de radars automatiques, ni de radars tout court et, d’ailleurs, même pas de voiture. Les blogs seraient écrits avec un piolet sur un écran en silex qu’on ferait passer à son voisin et ça serait quand même vachement moins pratique, surtout pour modérer les commentaires. Il est donc urgent de faire quelque chose pour la science. Celle qui nous a donné la télévision, les centrales nucléaires et les ouvertures faciles sur les emballages de Babybel.

Déjà, il faut améliorer un peu l’image du scientifique, qui n’a pas l’air sexy si on s’en réfère à sa représentation cathodique : des types en blouses blanches qui modélisent des lames de rasoir en 3-D pendant les pubs, et qui, dans le téléfilm juste après, récoltent des poils incrustés sous les ongles de Brandon pour découvrir l’ADN de son meurtrier. Tu m’étonnes que les jeunes préfèrent faire nouvelle star ou même ambassadeur pour se gaver de Ferrero. Donc, premier élément, il faut intégrer 2h hebdomadaire de cours de musculation aux cursus scientifiques universitaires. Il faut donner le prix nobel de physique à George Clooney. Il faut recruter des top-models dans les laboratoires et les entreprises d’informatique. Il faut imposer aux télévisions des quotas d’ingénieurs chippen dales et une discrimination positive pour montrer que les scientifiques peuvent aussi rouler torse nu en décapotable.

Second élément qui rebute un peu, c’est que les scientifiques parlent bizarrement. Ils utilisent des vocabulaires compliqués, quand ce n’est pas des équations avec des intégrales et des racines carrées. De même qu’on a réformé l’orthographe pour donner aux incultes le droit de le rester, il est grand temps de réformer les disciplines scientifiques. Je propose, par exemple, qu’on décrète que la terre est plate, que le chiffre 1 remplace tous autres nombres sans exception, d’abolir la classification de Mendeleiev et rendre égaux tous les atomes de la création.

Enfin, il va falloir arrêter avec ces histoires de « Fête de la Science » ou autre « Olympiade des mathématiques ». Les journées comme ça, c’est normalement fait pour les causes désespérées ou les trucs tristes : le cancer, le SIDA, le don d’organe, la peine de mort, l'herpès, la corruption, l’esclavage, les visites dans les musées de province ou les femmes. C’est pas en venant faire semblant que planter des électrodes dans le dos d’une grenouille est une activité sympathique que vous allez donner envie aux gens de se passionner. Votre laboratoire en carrelage blanc avec des bocaux de formol sur les armoires, franchement, c’est pas la peine d’en ouvrir les portes. Il faut dire la vérité : La science, ça sert à prédire quels sont les prochains numéros qui vont sortir à l'Euro-millions, à pirater les codes des antennes GSM pour téléphoner gratuitement et à trouver des phéromones qui vous rendent sexuellement irrésistible.

13 juin 2007

Anti-bac, t'es rien

On sait bien que les diplômes sont faits pour les gens qui n’ont pas de talent. Ou pas de relations. Néanmoins, ici, comme en France ou en Allemagne, les lycéens peuvent combler les temps morts pendant les matches de Roland Garros par leurs révisions d’équations d’oxydo-réduction ou de l'histoire des idées sous Platon. Les plus chanceux pourront même prolonger le plaisir jusqu'aux premières du Tour de France, voire jusqu'à l'automne. Le bac, ça ne sert pas seulement à faire des chansons de Michel Sardou, ou à nous servir tous les ans les mêmes reportages faciles dans les mêmes journaux télé avec les mêmes images (y a juste les questions du bac philo qui changent, celles de l'épreuve de physique-chimie, curieusement, appelant moins les commentaires de café du commerce). Le bac ça sert surtout à rentrer à l'université, qui joue un excellent rôle de passage entre le monde où vous alliez gratuitement travailler et le monde où vous serez payé pour ne pas faire grand chose (je vous laisse tourner cela comme vous l'entendez...)


Au Luxembourg, selon une logique implacable, l'enseignement général se termine par un Examen de Fin d’Etudes Secondaires. Cela aurait pu s'appeler l'EFES, mais comme l'université s'appelait déjà à son origine le CUL (Centre Universitaire de Luxembourg), ça commençait à faire un peu lourd. Du coup, ce diplôme attribué sur base de 1/3 des notes de la classe de 1° et 2/3 des notes de l'examen s'appelle couramment le Bac. Comme en France, donc. Sauf que les candidats doivent, en plus des épreuves écrites, se soumettre à trois épreuves orales. De même, malgré toutes les bêtises que nous ressortent tous les ans les journalistes français, les tests de philo ne sont pas seulement une spécificité française. Ici, les lycéens ont même l'immense privilège d’étudier Descartes en Français et Hannah Arendt en Allemand.

En Belgique, c’est le contrôle continu qui est en vigueur, mais avec des gros paquets d’examens à intervalles réguliers (les blocus) qui amènent les élèves à bachoter tous les ans, ce qui n’est pas vraiment plus confortable. Pour des raisons d'harmonisation européenne, les belges ont eux aussi un baccalauréat depuis quelques années. Mais il correspond aux 3 années d’études supérieures après "notre" bac (et donc au terme britannique de bachelor plus qu'au baccalauréat français, ce qui est logique vu que l'anglais est une langue officielle du plat pays). Merci Bruxelles. Sinon, il existe réellement un bac européen, délivré par l’école européenne, qui mixe évaluation continue et examens durant les deux dernières années de lycée.

11 juin 2007

Haussons le Niveau

Encore un mauvais point pour Luxembourg, qui n’en finit pas de figurer parmi les derniers de la classe. Oui, oui, j’ai bien dit vous là-bas, à côté du radiateur, ne regardez pas en l’air. Cette fois-ci, il ne s’agit pas de palmarès sportif, ni du nombre de porte-avions nucléaires par habitant, ni de taux d’obésité, il s’agit d’altitude. J’ai vérifié dans la liste des points culminants et le verdict est implacable : Luxembourg est le 190 ° pays en terme d'altitude. Encore plus bas que son voisin belge, pourtant surnommé le plat pays, dont le signale de Botrange culmine (si on peut appeler ça culminer) à 694 mètres.


Au Grand Duché, le Kneiff, du côté du paisible village de Trois-Vierges, atteint péniblement les 560 mètres. N'y allons pas par quatre chemins, c’est une colline. Il n’y a même pas de belvédère, de buvette ou de piste de skis de fond comme en Belgique. Pas non plus de parking avec plein de cars de Hollandais (vu de chez eux, le sommet belge, c’est un peu l’Everest).

Alors, autant on a organisé des jeux pour les petits pays pour réussir à figurer dans les 3 premiers, autant quand on voit le 3-0 contre l’Albanie on réalise que le classement FIFA est une cause définitivement perdue, autant il serait bon de commencer à réfléchir à des solutions pour améliorer cette histoire de point culminant, qui n'est pas flatteuse pour un pays qui n'a pourtant aucun accès à la mer :

  1. Faire d’une pierre deux coups en construisant un gratte-ciel plus haut que le Taipei 101 (508mètres) surtout si on part d’un endroit qui n’est déjà pas au niveau de la mer. Style, au hasard, le plateau du Kirchberg, qui collectionne déjà un paquet d’immeubles. Hop, on peut raisonnablement espérer atteindre les 900 mètres de haut, si on se réfère à l’actuel projet Dubaïesque. Disons que ça nous situerait autour de la 160° place, on dépasse les Seychelles et le Togo, c’est déjà ça. Et on gagne une première place dans un classement mondial.
  2. Abaisser le niveau de la mer du Nord. Oui, parce qu’on compte les altitudes « à partir du niveau de la mer » et que ce niveau n’est pas le même partout (ni entre marée haute et marée basse, d’ailleurs). Du coup, vous videz la mer du Nord et vous la mettez dans les autres mers du globe et, hop, le tour est joué. Vous montez d’autant que les autres descendent. Si chacun repart avec un jerrican de son week-end à Knokke-le-Zoute et va le vider dans la méditerranée, y a moyen de gagner quelques mètres.
  3. Réduire le niveau des autres points culminants, histoire de faire baisser le niveau des autres. Il faut envoyer plein de petits Luxembourgeois avec des pioches ou des batons de dynamite pour réduire en poussière la bonne dizaine de milliers de montagnes au-dessus de 560 mètres. Sans parler des plateaux, des villes comme Mexico ou Katmandou, bref, c’est pas gagné.
  4. Envahir le Népal. Tout bien réfléchi, c’est encore la solution la plus simple. Ou alors acheter une petite parcelle pas loin du sommet de l’Everest pour être numéro 2 mondial. Y a des volontaires pour appeler le roi du Népal et lui demander combien il veut pour 200 m² de cailloux sur sa montagne ? Une petite enclave, comme ça, dans le budget de l’Etat grand-ducal, ça doit pas représenter grand-chose.

07 juin 2007

Rock'n Roll is Red


Je me souviens qu'en 2001 un festival des Terres Rouges avait été organisé à la fin de l'été. On était allés voir Placebo, Hooverphonic et Morcheeba. C'était sympa, surtout Morcheeba, malgré le temps de cochon. Cette année, pour 90 €, la Rockhal propose dans un mois un festival aux goûts éclectiques : Le 5 juillet, le public d'Esch sur Alzette aura droit à Faithless, Keane et Kaiserchiefs. Le premier, si je ne m'abuse, était joué en boîte de nuit quand j'étais jeune ("I can't get no sleep... tu tu tu tu, tu tu tu tu...") et devrait ravir les adeptes du tuning ainsi que les vieux beaux en mal d'ambiance. Les tubes RTL2-esques du second feront certainement plaisir à votre petite amie (voire à votre mère). Quant au 3°, j'avoue que c'est bien le seul qui me tente ! Le lendemain, ce sera au tour de Daft Punk, Placebo, Chris Cornell et HIM de rasssembler dans un même lieu les amateurs d'électro française, de boys band luxembourgeois, de noisy pop grunge (c'est l'ancien chanteur de Soundgarden) et de métal plus ou moins gothique.


Bref, il faudra vraiment avoir l'esprit large pour apprécier l'ensemble de la programmation. On aurait eu Chantal Goya, Marylin Manson, Björk et Mika dans un même line-up que l'effet aurait été à peu près équivalent. Enfin, reconnaissons que les organisateurs ont réussi à faire venir de véritables pointures. Mais il est un peu dommage de ne pas avoir de ligne éditoriale, surtout si on pense que 10 jours avant aura lieu le désormais traditionnel Rock-A-Field, qui propose pour 45 euros un programme à peu près cohérent avec, entre autres, The Killers, Queens of the Stone Age, The Hives et Billy Talent.

Cet été, si on pousse un peu plus loin, on peut même comparer au Pukkelpop de Hasselt (130 € pour 3 jours avec The Smashing Pumpkins, Sonic Youth, Kaiserchiefs, the Hives et Chris Cornell - encore, ils doivent faire du camping du côté de la Baraque Fraiture -, Arcade Fire, Nine Inch Nails, Devendra Banhart... bref une bonne brochette complétée par 5 ou 6 groupes ou DJ électros : Just Jack, Justice, Basement Jaxx, Laurent Garnier, Cassius, Alex Gopher). L'autre grande date de la grande région sera probabalement, comme chaque année, le festival de Werchter, où figure à peu près tout ce que le rock compte d'intéressant (vous pouvez reprendre tous les noms cités jusqu'ici, enlever Chantal Goya et ajouter Arctic Monkeys, Lily Allen, Snow Patrol, the Kooks, Muse, Pearl Jam, Razorlight, Damien Rice, Tori Amos, Rufus Wainwright, Mika, The Klaxons, Peter Gabriel, Beastie Boys, Bloc Party et les Chemical Brothers). Pas mal, non ? Evidemment, tout est déjà vendu.

Alors, finalement, comment choisir ? Je vous propose une solution qui aura le mérite d'épargner également (temporairement) vos tympans : avoir une femme enceinte, ne pas vouloir l'abandonner plusieurs jours, et réserver ses congés pour plus tard dans l'année. Si cela vous semble un peu compliqué à organiser dans les délais impartis, il y a aussi la posture "ne rien choisir, ce sont des concerts à la chaîne en 45 minutes top chrono où les artistes livrent en général leurs pires prestations devant des publics qui ne sont pas venus pour eux. Et en plus il pleut une fois sur deux".

05 juin 2007

Le People Migrateur


Quel est le point commun entre Ophélie Winter, Emmanuelle Béart et Patrick Timsit ? Ne cherchez pas au niveau de la coupe de cheveux, ni du tour de poitrine. Un film en préparation ? Un trio musical ? Une équipe pour le prochain Fort-Boyard contre la myopathie ? Le casting de la prochaine Ferme des Célébrités ? Pas du tout, même si c'est la dernière option qui s'approche le plus de la solution. Ils viennent fêter les 3 ou 4 ans (l'affiche n'est pas très claire) du bar le plus prétentieux de Luxembourg. Je ne le savais pas mais, apparemment, ils passent leurs soirées ensemble. Comme quoi, il faudrait que je révise mes Voici, j’ignorais même qu’ils étaient potes.

Samedi soir prochain, comme il ne se passe rien d'intéressant à Paris, ils ont un peu hésité entre faire une soirée belote et regarder la télé mais à 3 c’était foutu pour la partie de cartes et comme les filles n'aiment pas le rugby, ils étaient bien emmerdés. Et puis Ophélie, en rentrant de faire ses courses au Franprix, a dû tomber sur les publicités de l’office du tourisme luxembourgeois qui ont fleuri sur les murs de Paris avec l'arrivée du TGV-Est. Du coup, ils se sont dit, « Tiens, c’est vrai, Luxembourg, on n’y pense pas, pourtant ça a vraiment l’air super sympa comme destination pour le week-end. Il paraît même qu’ils ont le téléphone et l’électricité. » Une fois décidés, ils ne sont pas allés chercher un billet de train, car ce sont des stars, mais ils ont appelé Jean Roch. Jean Roch, ce n'est pas le diminutif de Jean Rochefort pour les intimes. Jean Roch, vous ne le connaissez pas. C’est normal. Moi non plus. Jean Roch, c’est l’ami des stars. Vous, vos amis pas-stars, vous les invitez et ils amènent des fleurs ou une bouteille de Bordeaux et vous passez une soirée entre amis. Lui, il invite ses amis stars, c’est lui qui leur fait des cadeaux, et après il les laisse passer une soirée avec des inconnus. Enfin, quand on dit « avec » il faut comprendre « à distance permettant de se faire photographier avec eux par une copine qui a un GSM Dolce & Gabbana ». Et là vous me dites qu’on comprend bien ce que les 3 stars viennent faire ici, puisque de toute façon le festival de Cannes c'est fini, qu’il pleut tout le temps à Roland Garros et qu’il y a des boulots pire que être payé à boire du champagne et manger des petits fours. Ce qui reste énigmatique, c'est la participation du reste du monde de la nuit luxembourgeoise et parisienne, ceux qui vont permettre à monsieur Roch de gagner de quoi mettre des patates dans la casserole. Alors, comment assurer que la soirée soit un succès ?

Le premier truc pour attirer les gens, c’est faire croire que c’est super, donc que c’est réservé aux autres amis de Jean Roch. Evidemment, on parle ici des amis pas-stars, ceux qui paient pour boire du Bernard Massard en se faisant marcher sur les pieds par des blondes en talons aiguilles, pas ceux qui sont payés pour boire du Veuve Clicquot dans des canapés. Pour cela, il faut mettre un videur à l’entrée. Noir, forcément. Comme ça il peut éjecter tous ceux qui ne sont pas blancs sans être accusé de racisme. Trop malin.

Ensuite, comme les pubs pour visiter le Luxembourg ne sont pas arrivées jusqu'au Grand-Duché, il faut faire connaître l’événement intersidéral aux gens susceptibles de se presser devant les grilles du VIP pour avoir l’immense chance d’être une pas-star et de payer 10 € la moindre consommation servie par un barman qui tire la gueule. Pour cela, quoi de plus indiqué qu’une petite publicité à base de spots radios ? Voilà, c’est fait, c’est comme ça que moi, pas-star et pas-ami de Jean Roch, j’ai entendu parler de ce glorieux anniversaire. Vous noterez au passage la contradiction avec le premier point : d’un côté il faut bien montrer que c’est un super privilège, de l’autre il faut que tout un chacun soit libre de voir Emmanuelle Béart en personne se gratter le nez.

Pour terminer, il faut bien choisir sa cible : ce qui compte aujourd'hui, mes cocos,
ce n'est pas d'avoir du talent, d'être célèbre, d'être beau, de savoir taper dans un balon, d'avoir du pouvoir. Ce qui compte vraiment c'est d'avoir un paquet de pognon (et d'être prêt à en dépenser encore plus). Et y en a un qui a bien compris où étaient concentrés les complexés du porte-feuilles, les frustrés de l'apparence, les gens prêts à claquer 200 euros par tête pour une soirée bar-resto-boîte, c'est bien le patron du VIP qui a osé compléter sa trilogie Paris-Cannes-St Tropez par... Luxembourg ! Ca fait pas rêver les stars, mais y a de la jante 19 pouces...

PS, information non vérifiée : le Cactus de Bascharage nous signale que Bernard Ménez serait susceptible d’être présent au rayon charcuterie mardi prochain.

Oh my Dog !


Je ne sais pas si le phénomène est arrivée jusqu’en Californie, mais à Luxembourg on constate depuis peu une nouvelle mode. Il faut dire que le pays bénéficie du rayonnement induit par la proximité conjointe de la Moselle, la Meuse, la Wallonie et les régions post-industrielles de la Rhénanie-Palatinat. Cette mode fait suite à celle des chiens de combat et à celle du tuning, en combinant dans un même élan créatif les possibilités offertes par les croisements de races canines et la fantaisie débridée de la personnalisation de véhicules en tous genre. Cette discipline, dont je vous livre un exemple pris dans la rue en bas de chez moi, est le tuning sur chien. Je ne connais pas le nom officiel, mais j’imagine qu’on pourrait appeler cela le dog-tuning.

Plus fort que le pit-bull sérigraphié sur la vitre arrière d’une Golf noire, plus moderne que l’autocollant de berger allemand à côté de la plaque d’immatriculation, plus populaire que les accessoires Gucci et Louis-Vuitton pour nos « amis » à 4 pattes, moins cruel que les bonsaï-kitten, le dog-tuning consiste à exprimer votre personnalité à travers votre animal domestique. Comme vous le feriez avec votre voiture. Pas seulement lui passer un pull ou lui donner votre coiffure, comme dans les publicités Cesar, mais oser aller jusqu'au bout de la démesure, avec le même excès que le tuning sur les voitures.
Permanente, coloration, rasage, tenue vestimentaire sur mesure, opération des cordes vocales pour amplifier le volume sonore des aboiements, vernis à griffes aux reflets métallisés, raccourcissement des pattes, lentilles colorées, incrustation de diamant dans les crocs, embout pour crottes profilées en étoiles à 5 branches, toiletteur canin sous ecstasy, tout est bon pour faire de votre chien le digne prolongement de votre classe naturelle.

04 juin 2007

Transe en danse


Il paraît que le mot "danse" désigne une autre réalité que le Lac des Cygnes en tutu rose, la danse des tongs au camping des flots bleus ou la parade nuptiale de boîte de nuit en pantalon taille basse et cheveux gominés. J'ai bien vu des photos dans les magazines, entraperçu des documentaires sur Arte à 23h30, et suis même allé voir une fois Philippe Découflé au Grand Théâtre de Luxembourg sans m'endormir (le fond sonore à base de Marylin Manson et les jeux avec la vidéo numérique ont peut-être contribué à mon éveil). Mais j'avoue rester assez peu attiré par ce monde étrange de personnes en collants lycra qui agitent leurs bras sur des musiques déconcertantes en tenant des discours incompréhensibles sur l'immanence de la tonicité des corps ballotés dans le flux de la cité.

C'est donc par pure curiosité, et par proximité géographique, que j'ai poussé la porte du CPCA, transformé pour l'occasion de Luxembourg 2007 en Palais de la Danse (officiellement Dance Palace selon une règle de l'anglicisme peu compréhensif dans le paysage linguistique de la grande région). Hé bien, ça m'a plu. Ce qui m'a séduit, moi, indécrottable réfractaire aux merveilles de la danse contemporaine, c'est l'approche prise par le projet : tous les mois, trois ou quatre troupes préparent un spectacle qu'elles donneront après 30 jours de travail. Un peu comme à la fête de l'école, sauf que personne n'est déguisé en léopard, que c'est sans Chantal Goya, et qu'il y a un peu plus d'improvisation et de professionalisme. L'originalité c'est que, depuis le premier jour, le public est invité à venir assister aux répétitions.

Dimanche, on sentait qu'on était au début et on voyait donc les artistes commencer à travailler leur spectacle, ou installer leur matériel. Mais j'imagine qu'au fur et à mesure que les jours passent, on doit voir le spectacle prendre forme, pour aboutir à leur forme définitive lors du "Finissage" (la représentation finale, la prochaine a lieu le 30 juin). Le centre est ouvert, grauitement, toute la semaine sauf le lundi, de midi à 20h. Deux fois par mois, des visites guidées sont également organisées, en plus de l'accès libre. Du coup, ce qui est sympa, surtout si on n'y connaît rien, c'est qu'on voit le travail et les consignes du chorégraphe, et on a donc l'impression de mieux comprendre le sens de ce qu'on voit. C'était marrant, par exemple, de voir se former l'espèce de boule humaine polymorphe dans laquelle les danseurs bougeaient au ralenti et se retrouvaient portés dans tous les sens, de façon incertaine en ces premiers jours de travail. Les gens sur place sont très accessibles et discutent volontiers. En plus, les locaux de l'ancien entrepôt de la Provenciale, aussi immenses que dégradés, sont bien adaptés à ce genre de manifestation culturelle, un peu hors des sentiers battus et des marbres rutilants des locaux attribués à la culture officielle grand ducale.

01 juin 2007

Même Pois Chiche !

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Une différence majeure entre Jean-Yves Lafesse et quelqu'un de normal, c'est que nous, quand nous viennent des idées débiles, notre surmoi nous empêche de passer à l'action. Une petite voix qui dit es-tu vraiment certain qu'après CA tu ne vas pas te faire casser la figure, finir en enfer, passer la nuit au poste ou avoir blessé une personne qui ne t'a rien fait. Et puis, sans caméra de télé, sans même un téléphone portable vidéo, l'idée ne vaut-elle pas autant que le passage à l'acte ? En tout cas, à l'écrit, ça rend pareil.

Mon idée, ce soir, en me frayant un passage parmi les embouteillages de caddies au travers des rayons, en quête de nourriture pour survivre au week-end dans des conditions optimales de fainéantise, était la suivante : aller au rayon fruits et légumes, prendre un légume improbable dans des quantités démesurées (genre 3 kgs de navets, un sac plein de topinambours, 4 céleris raves ou deux barquettes entières de petits pois à écosser), me diriger vers un chariot abandonné et y remplacer un des trucs dégueulasses et hypercaloriques qu'on y trouve toujours par cette nourriture bien plus saine. D'ailleurs, l'action aurait sans doute eu plus de piquant en étant effectuée au vu et au su des acheteurs. Je leur aurais dit : "C'est une initiative du ministère de la Santé, je suis payé par l'Etat pour forcer les gens à mieux manger. Ne me remerciez pas, ce service vous est offert par la ville de Luxembourg". En fait, avec un peu d'organisation, j'aurais même pu me faire un T-shirt aux couleurs du gouvernement avec un bandeau Brigade du Brocoli.

Je me serais bien vu regarder dans les chariots des gens, qui ont toujours tendance à paraître plus gros et plus laids dans les rayons des grandes surfaces, pendant qu'ils se demanderaient ce que je suis en train de faire. Puis saisir le paquet de 6 pizzas américaines, le retourner pour lire le nombre de calories, leur tendre le sac de 2 kgs de manioc frais et repartir ranger les pizzas au rayon surgelé. Et regarder s'ils me courent après, m'insultent, reviennent chercher leurs plats préparés, gardent le sac déposé comme une offrande à une nouvelle hygiène alimentaire. Ou, sans doute plus probable, me le jettent à la figure.

Des volontaires ?