28 novembre 2007

Si tu avances et que je recule, comment veux-tu que je calcule ?


J'ai récemment appris de mon grand maître en informatique (il se reconnaîtra) un nouvel acronyme pour une énième méthodologie qui revient comme toujours à énoncer des principes de bon sens sous une forme théorisée pour vendre des méthodes et des siècles-hommes de consulting. Cette fois-ci, cependant, plus que des règles ou des recommandations, KISS est une philosophie de la gestion de projet, et s'applique à elle-même puisqu'elle se résume aux 5 mots qui lui ont donné son nom : Keep It Simple and Stupid.

Visiblement, les gens qui ont créé les langues germaniques n'en avaient pas entendu parler. Ainsi, en Luxembourgeois, pour dire : "huit heures trente-cinq" on dit "fënnef op halwer néng". Littéralement, cela signifie "cinq (minutes) après une demie (heure) avant neuf (heures)". Là où le Français se contente d'additionner huit fois une heure et trente-cinq fois une minute, le saxon se torture donc l'esprit à la Armand Jammot pour ajouter cinq minutes à la soustraction de 0,5 heure de l'heure suivante. Le compte est bon. Sans compter que, autant dans les langues latines on annonce l'heure d'abord et les minutes ensuite, autant dans les langues germaniques, on commence par les minutes pour terminer par les heures.

Les linguistes me diront s'il existe une méthode plus compliquée à l'aide de racines carrés et d'intégrales de 0 à 1 de fonctions trigonométriques ?

Après tout, cette particularité n'est plus aussi étonnante quand on sait que les unités et les dizaines sont également inversées dans tous les nombres, ce qui impose une certaine gymnastique lorsque vous devez noter un numéro de téléphone sur un post-it. Par exemple, si vous voulez appeler le Palais Grand-Ducal au 47 48 74, vous allez noter : " 7", "47", "47 8", "47 48", "47 48 4", "47 48 74". Evidemment, si vous composez le numéro sur votre téléphone, il n'y a pas de système qui permette de rentrer les chiffres dans cet ordre.

Ceci dit, quand j'étais en prépa, il y avait bien des gens pour trouver des avantages à l'infernale notation polonaise inversée des calculatrices HP...

27 novembre 2007

Farcebook


On se demande comment on perdait son temps avant l'invention de l'ordinateur. Depuis le démineur, les progrès dans les moyens de ne rien faire pendant des heures ont atteint un rythme impressionnant : les e-mails débiles, internet, le chat, les forums, les vidéos sur YouTube, Skype, les blogs et, maintenant, Facebook. Cet incroyable site qui vous offre la possibilité de devenir ami avec vos pires collègues, l'ex de votre femme ou même le fils de Nicolas Sarkozy, de leur jeter des poulets virtuels à la figure, de comparer vos goûts cinématographiques, de leur offrir des bières tout aussi virtuelles ou même, soyons fous, de retrouver d'anciens copains perdus de vue.

L'un des trucs inutiles que je trouve finalement le plus sympa sur Facebook, ce sont les groupes à propos de tout et n'importe quoi. Luxembourg ne fait pas exception à la règle, petite sélection :

Le groupe Let's Invade Luxembourg propose aux Américains désireux de vivre dans un pays où ils pourraient choisir leurs propres lois d'envahir ce petit plus petit qu'un tiers du Rhode Island et rassemble les fusils à eau, les billets d'avion et les visas en vue de l'attaque éclair.

Le groupe pour que Luxembourg accueille la Coupe du Monde de 2018, en tant que membre du Benelux, évidemment. Pour l'instant malheureusement, aucun match n'est prévu au stade Josy Barthel ni au Op Flohr de Grevenmacher.

Le groupe If I get 200 members i will strip on place d'armes dont l'auteur a, entretemps, revu ses objectifs à la hausse (500 membres) pour finalement promettre que s'il y en avait 1000 il porterait le fameux maillot de bain à la Borat (pas de bol, la Nouvelle Façon est en travaux, je ne sais pas où il va se fournir). Ce soir, on en était à 958 membres, et il est donc probable que si ce monsieur tient ses promesses, il danse en string sous le kiosque pour le réveillon de la Saint Sylvestre... au profit de la lutte contre le cancer du sein (les spectateurs sont priés de venir avec quelques euros).

Et, pour terminer, mon préféré, c'est le groupe Fun Fake Facts about Luxembourg où chacun peut ajouter de nouvelles fausses informations sur le Grand Duché. Il faut dire que, à travers le monde, il n'est pas impossible de faire croire à des gens qui ignorent qu'on puisse faire ses courses dans un Cactus que Luxembourg soit une petite île au nord du Groënland, que son armée de l'air soit constituée d'un unique avion partagé avec l'armée belge (et que, sur le standard de cette armée, le message du répondeur automatique soit "nous nous rendons"), que le pays fasse partie des pays "en L" auxquels le CIO a accordé une dérogation pour former une équipe olympique commune, à laquelle participent pour l'instant le Liechtenstein, la Lettonie, la Lithuanie et le Lesotho, soutenue par tous ceux qui arborent les autocollants bleus avec un gros L sur leur voiture... sans compter deux citations excellentes, une fausse et une vraie :
  • "I know each person in the country personaly. It's pretty easy with there only being 527 people. Next month we are going to be 528 because Kätti is pregnant."

  • "Luxembourg?? Wow, it's like Disneyland, only it's real !"

26 novembre 2007

Sociologie des Entreprises


J'ai longtemps tenu Dilbert pour la meilleure analyse des rapports particuliers s'instaurant dans les entreprises de la fin du XX° Siècle en général, et des services informatiques en particulier. Voire, soyons fous, de la vie tout court, dans nos pays post-industrialisés.
En fait, je viens de me rendre compte, en révisant mes classiques que, des décennies avant Dilbert, quoique sur un mode (bien) moins léger, Primo Levi exposait déjà la situation en deux phrases : "Bien que de qualités intellectuelles et morales plutôt indigentes, il possédait dans une très large mesure la vertu qui, sous tous les cieux, est la plus nécessaire à la conquête du pouvoir, c'est-à-dire l'amour du pouvoir pour le pouvoir lui-même. Assister au comportement d'un homme qui agit non selon la raison mais selon ses impulsions profondes est un spectacle d'un intérêt extrême, semblable à celui dont jouit le naturaliste qui étudie les activités d'un animal aux instincts complexes."
Voilà, c'était une petite chronique pour changer des couches culottes.

25 novembre 2007

Un cumulonimbus de lait


On estime qu'un nouveau-né d'un mois boit, sur une tétée, autour de 10 cl de lait. A priori, versez ça dans un verre, vous vous demandez comment cela peut le rassasier au point de l'assommer littéralement. Ce qui est pourtant le cas (et heureusement, d'ailleurs, parce que s'il fallait se lever à 4 heures du matin pour lui préparer un petit sauté de veau aux oignons confits, on serait au bout du rouleau).

Maintenant, faisons un petit calcul : le bébé à cet âge là pèse autour de 4 kilos. Prenons un adulte de taille et de corpulence moyennes, disons de 60 kilos. On a donc un rapport de 1 à 15. Imaginez donc que vous vous envoyez un litre et demi de lait. C'est l'équivalent d'une bouteille d'eau minérale, que vous devez avaler quasiment cul sec, en 10 à 20 minutes. Ca serait déjà sport avec de l'eau, mais là c'est du lait. Précisons : du lait tiède et bien sucré. En outre, vous ne buvez pas debout ou assis, mais allongé sur le dos. Ca vous donne un haut le cœur ? Hé bien, OK, on vous accorde un petit rot... mais dans 4 heures, il faut recommencer !

Bon, une dernière question à propos des bébés, puisqu'il y a des spécialistes dans la salle : par quel prodige un bébé n'a-t-il jamais d'extinction de voix ? Ils arrivent à hurler de toutes leurs forces pendant 30 minutes, voire plus, alors que n'importe quelle groupie de Tokio Hotel est aphone au bout d'un quart d'heure, et que Courtney Love a du mal à finir ses concerts. Si ça se trouve, il y a un rapport avec le lait (Courtney, arrête la bière).

22 novembre 2007

Vous avez déjà mangé de la girafe ?

Si vous avez répondu "non" à la question posée en titre, c'est certainement que vous n'êtes pas né en France. Ou que vous ne faites pas partie de la grande majorité d'enfants de l'hexagone qui se sont fait les dents sur cet animal (ou que vous avez oublié, c'était il y a longtemps) :


La girafe Sophie est un objet typiquement culturel, qui fait partie de notre patrimoine collectif, aussi associé à l'enfance que Jacques Martin ou les petits beurres. On estime que, chaque année, 500 000 bébés français reçoivent un exemplaire de cet animal en caoutchouc. La société Vulli, qui la fabrique, en a vendu plus de 10 000 000 depuis sa création, en 1961. La légende veut qu'elle ait été créée le 25 mai, jour de la Sainte Sophie, mais on imagine que si sa naissance était tombée un 1° août, on ne l'aurait pas appelée Alphonse. Entre 6 et 8 euros le jouet, ça nous fait un petit pactole rapporté par la bête couineuse aux longs membres et au long cou qui est, paraît-il, encore fabriquée en Haute-Savoie, par quelques ouvrières qui coulent simplement le caoutchouc dans un moule avant de le démouler et le peindre (autant dire que les marges de l'entreprise doivent être phénoménales).
Pour ceux qui veulent approfondir leur connaissance de Sophie, je ne saurais que conseiller cette très sérieuse publication, qui souligne, en outre, son rôle de "lien intergénérationnel en permettant aux parents de partager leurs souvenirs d'enfance avec leurs propres enfants", tout en alertant sur sa teneur en nitrosamine (produit déclaré cancérigène par l'OMS) 12 fois supérieure aux seuils recommandés.
Même si c'est un des rares jouets à ne pas être fabriqué en Chine, elle ne contribue guère au redressement de la balance commerciale française puisqu'elle n'est exportée qu'en Belgique, en Suisse et au Luxembourg (où on la trouve au moins au Maxi-Toys de Howald, j'ai mené mon enquête...).

21 novembre 2007

Wallons Enfants de la Patrie...


Comme il me semblait bien que les Diables Rouges avaient été éliminés depuis belle lurette des qualifications pour l'Euro-2008 de football, il m'a paru étrange de voir tous ces drapeaux belges aux fenêtres du plat pays, à Bruxelles en particulier, où j'étais aujourd'hui. Renseignements pris, pour une fois, les gens n'ont pas sorti leurs étendards pour encourager des sportifs mais pour proclamer leur attachement à une Belgique unie, en ces temps un peu troublés par l'excès de scrutin proportionnel, de politique yaourt et d'extrême droite néerlandophone.

Dimanche dernier, d'ailleurs, une grande marche était organisée, suivie d'un concert au cinquantenaire, pour proclamer l'unité du pays et (ré)apprendre la Brabançonne à tous les sujets du roi Albert. A l'origine de ce défilé, on trouve une Liégeoise femme au foyer qui a lancé une pétition sur Internet qui a rassemblé plus de 100 000 signataires à l'heure où j'écris cette chronique. Même M6 en a parlé dimanche après-midi, c'est dire ! On frémit à l'idée que si la mère de famille wallonne avait, en plus, créé une couverture de Martine à l'effigie de sa noble cause, elle aurait pu en récolter 4 fois plus.

Ce dont les médias parlent moins, ce sont des autres pétitions qui courent sur le net, et que je vous livre en vrac :

Gardons la tête sur les épaules, la Wallonie ne sera pas rattachée à la France, pour tout un tas de bonnes raisons : ça ferait une Ligue 1 de football à 24 clubs, il faudrait réorganiser une nouvelle élection présidentielle, il faudrait guillotiner le roi Albert, ça augmenterait les effectifs de la fonction publique alors qu'ils doivent être réduits de 23 000 l'année prochaine. Et puis surtout, ça ne sert plus à rien, parce que ce qui aurait été le plus beau, ça aurait été que Johnny Haliday parvienne à acquérir la nationalité belge la veille du jour où tous les francophones seraient devenus français...

19 novembre 2007

Couches Surfing

Tout commence avant la naissance. En tant que papa, vous savez qu'il est de votre devoir de préparer le nid, de faire des courses pour accueillir l'enfant, mais en même temps difficile de savoir si un biberon va vraiment être utile car votre femme allaite, si une tétine ne va pas être perçue comme un aveu de faiblesse vu qu'il est recommandé de s'en passer, si vous devez choisir des habits taille naissance ou taille un mois vu que vous ne connaîtrez les dimensions du bébé qu'une fois qu'il sera né. Par contre, s'il y a bien un achat pour lequel vous vous sentez a priori capable de ne pas faire n'importe quoi, ce sont les couches culottes.




Il est évident que ça sera toujours utile, que vous ne pouvez pas trop vous tromper et un rapide calcul vous conforte dans votre volonté d'être un consommateur prévoyant (disons 7 changes x 365 x 2 ans dans le meilleur des cas = plus de 5000 couches). Vous imaginez remplir le coffre énorme de votre nouvelle voiture de papa (puis la cave également surdimensionnée de votre nouvel appartement) de MEGA-JUMBO-EXTRA-VALUE PACKS. Il va bien falloir vous habituer aux paquets familiaux, de toute façon, et c'est encore un peu tôt pour les caisses de 3 kgs de côtes de porc.


Pour le choix de la marque, facile : pas de question de marketing de la culpabilité, comme avec les poussettes et les sièges autos, cette fois on joue sur une corde juste en-dessous, le marketing de la tranquilité : "je vais prendre du Pampers, comme ça bébé n'aura pas les fesses rouges, pas de fuite non plus, et nous on dormira des nuits de 8 heures". Bien sûr. Le site officiel annonce même 12 heures, ils n'ont pas dû voir un nourrisson depuis longtemps chez Procter&Gamble... On y apprend également que c'est pendant le sommeil que les sons entendus dans la journée atteignent le cerveau de bébé pour se transformer en mots et que donc s'il n'a pas le système Maxi-Sommeil, il ne faudra pas se plaindre qu'il ne parle pas 3 langues à 8 ans. Mais, je m'égare.


Revenons au rayon couches culottes, où vous attendent pas moins de 20 modèles différents. Un rapide coup d'oeil permet de distinguer les tailles qui correspondent au poids de l'enfant. Autant pour la taille, c'était pas évident, autant pour le poids, en tapant autour de 3 kilos on ne doit pas être loin. Ce n'est pas si simple, car les tailles se chevauchent : il y a le modèle 2 à 5 kgs, 3 à 6 kgs, et ainsi de suite. Alors, il vaut mieux viser en bas de l'échelle, en haut, ou pile-poil au milieu ? Après, vient le problème du modèle, car même chez Pampers, par exemple, vous avez le choix entre la New-Born, la Baby-Dry ou la Active-Fit. Et puis pourquoi ils n'ont pas celles avec la bande jaune qui devient verte, comme à la maternité ? Sans compter que, après tout, les Huggies n'ont pas l'air mal non plus. Et que les paquets les plus gros ne sont pas les moins chers si vous divisez le prix par le nombre de couches (opération difficile car ces trucs là sont curieusement emballées par 54, 63 ou 37 !). Finalement, au bout d'un quart d'heure d'hésitation, alors que 40 mamans ont eu le temps d'emporter sans même les regarder des paquets de toutes tailles, couleurs et dimensions d'un air déterminé, vous repartez avec un unique mini paquet de 19 couches pour papa débutant.


A part ça, il y en a qui utilisent des changes lavables, et qui y dédient leur blog. Dingue, non ? A Luxembourg, je sais qu'on en trouve de splendides en fibres de bambou ou en polaire chez Pimpampel, le magasin un peu suranné de vêtements bios du quartier de Bonnevoie. Ca m'a fait penser que, en ces temps de Grenelle de l'environnement et de revalorisation des services à la personne, il devrait y avoir un modèle économique à organiser des systèmes d'abonnement de couches en tissu, où les gens paieraient un forfait mensuel et laisseraient les changes souillés dans un sac en bas de chez eux, qui serait remplacé par des propres, lavés dans des centres de traitement écologiques, voire collectés en vélo ou par les PTT. Il semblerait que ça fonctionne aux Etats-Unis, mais c'est sûr qu'en cas de grève, on serait... comment dire... un peu dans la merde.

18 novembre 2007

Entre les Pattes de l'Ostéopathe

Devenir parent, c'est l'occasion d'entrer dans une nouvelle communauté, de vivre des expériences auxquelles vous n'auriez jamais songé comme, par exemple, faire des bulles dans une piscine en position diamant, vous déguiser en chirurgien et rentrer en salle d'opération en spectateur et aussi vous rendre chez un ostéopathe. Ca peut paraître étonnant à certains lecteurs mais je n'ai jamais mis les pieds, les épaules, ni aucune de mes articulations entre les mains d'un représentant de cette profession, magré les histoires hallucinantes de guérisons miraculeuses entendues dans mon entourage. L'homéopathie, l'ostéopathie, la sofrologie, tous ces trucs là, pour moi, indécrottable cartésien, je veux bien croire que ça puisse fonctionner quand toutes les autres solutions ont déjà été essayées, en ultime recours. Un peu le capitaine Flam de la médecine.

Avec un bébé, tout est différent. Cela n'échappe pas à la règle. Notre petite Hélène n'est pas malade, elle ne pleure pas trop, mais bon, comme les sages femmes de la maternité ont recommandé un osthéopathe spécialiste des bébés et qu'on a entendu des histoires de régurgitation stopée, de nuits mouvementées devenues miraculeusement calmes, nous nous sommes dit, pourquoi pas. 9 mois de contorsionnisme, suivis d'un accouchement, même par césarienne, peuvent avoir causé des petits désordres, convenons-en. Du coup, vendredi dernier, direction le cabinet en question.

L'ostéopathe est un homme bien habillé, très calme, qui officie dans un cabinet moderne, avec plein de livres sur "guérir par la lumière", l'ergonomie, le corps humain et des gros volumes sur l'ostéopathie, destinés, j'imagine, à asseoir son expertise. Jusque là, c'est conforme à mes préjugés. Première surprise, il ne nous demande pas de déshabiller notre bébé avant de l'installer sur le siège. Et pour cause : les opérations se résument à lui toucher la tête de la main droite en fermant les yeux. Fermer les yeux, ça doit être comme les livres sur les étagères, c'est important, ça montre qu'on est sérieux. Moi qui avais peur qu'il lui fasse craquer les os dans tous les sens (d'ailleurs, prêts à intervenir, nous étions restés près de lui, au cas où) ! Il nous dit : "ça va, il n'y a pas de grande catastrophe, mais on remarque une certaine "je sais plus quoi" au niveau de l'occipital et des pariétaux [en gros].

- Ha bon, et ça pouvait être grave ?

- Non, mais ça aurait pu générer des petites gènes, voire des troubles d'apprentissage [donc là, si elle redouble sa 6°, ce ne sera pas notre faute]. D'ailleurs elle ouvrait un peu moins l'oeil gauche que le droit.

- ...

- Oui, c'est à peine perceptible. Mais là, tout a bien bougé, c'est déjà bien mieux. Sinon, ses hanches sont bien mobiles, c'est bien, parce que souvent ces petits problèmes passent inaperçus à l'hôpital [sous-entendu mes mains sont plus puissantes que les échographies des hanches programmées pour tous les bébé en siège]

- Et est-ce qu'on va constater quelque chose aujourd'hui, un effet secondaire ?

- Normalement, elle devrait être assez fatiguée. Il est donc possible soit qu'elle dorme beaucoup, soit qu'elle se mette à pleurer.

- Ha bon [incroyable, pour un bébé de 3 semaines qui d'habitude joue à la poupée et danse des claquettes dans sa chambre].

A un moment, Hélène a eu le hoquet, et l'ostéopathe a posé sa main sur son abdomen. J'ai cru qu'il allait réussir à le lui arrêter par la seule puissance de son influx, mais non.

On a payé nos 55 euros en liquide, on a pris un second rendez-vous qu'il est possible que nous annulions, et on s'est dit que, quand même, 55 euros pour te toucher la tête avec sa main pendant 2 minutes, il n'aurait pas beaucoup de clients s'il déménageait du côté de la rue du Fort Neipperg...

15 novembre 2007

Escroc mais pas trop

A Bonnevoie, grâce à la population immigrée, dont je fais partie, on peut bénéficier de plein de commerces de proximité. Ce n'est pas tomber dans le cliché que de dire que les travailleurs d'origine portugaise y contribuent pour une large part, que ce soit pour tenir des boulangeries, des épiceries, des cafés ou même des pizzerias. Ceci dit, je ne pensais pas qu'on en trouvait également pour se faire marabout africain :


Enfin, monsieur Da Silva, si je peux me permettre, vous avez un peu trop de scrupules à abuser de la crédulité des gens. A choisir, entre vous qui confessez un pour cent d'échec et, par exemple, Monsieur Khair, dont les pouvoirs lui permettent à 100 % de révéler le présent ou de se déplacer à domicile (mais pas de corriger les fautes de frappe), je crois que je n'hésiterais pas longtemps si j'avais 50 euros à perdre.

Alors, ça sort d'où ce 99% ? C'est un truc de publicitaire que vous a soufflé Frédéric Beigbeder ? Vous débutez dans la profession ? Vous avez loupé un exorcisme ? Du cran, affichez vos 100 % et, vous aussi, faites revenir les maris et les femmes comme des chiens derrière leur maître.

Enfin, si j'avais juste un ultime conseil marketing à donner, en terme de positionnement de niche, je sentirais bien un pouvoir occulte "calme les bébés qui pleurent"... Ceci dit, c'est vraiment pour le comique de répétition, parce que notre fille est un ange !

14 novembre 2007

Une Bière, deux Goûts


Le prestige, au Luxembourg, vous pensez que c'est le dernier sac Louis Vuitton, un costume sur mesure chez Adamo & Eva, une Porsche Cayenne tunée, des jantes 19 pouces, une grosse maison peinte en jaune pour qu'on la remarque, faire la queue à la caisse de chez Auchan Kirchberg avec un Château Yquem 1989, du foie gras entier et un petit sac plastique de truffes pesées au rayon fruits et légumes ?

J'avoue que je ne sais plus trop.

Par contre, LA prestige c'est tout nouveau, c'est une boisson (oserais-je dire bière ?) concoctée depuis l'année dernière par les brasseries Simon. La petite entreprise de Wiltz nous avait pourtant habitué à mieux : la Simon classique, avec son habillage jaune, vert et blanc est dotée d'un packaging à la Goodbye Lenine aussi désastreux que son contenu est réussi. Loin devant la Bofferding, la Diekirch et la Mousel. Je décernerais également volontiers, si j'en avais le pouvoir, le prix de meilleure bière du Grand-Duché à la Simon Dinkel. Et puis, boire une Simon le vendredi soir au comptoir de la buvette du Cactus, c'est un peu l'impression de s'intégrer véritablement au Luxembourg.

Mais, là, franchement, en mélangeant du crémant et de la bière, fussent-elles deux boissons aussi nationales que pétillantes, on gâche autant l'une que l'autre. Les 8 % de Gales Héritage (un concurrent de Bernard Massard) ajoutés en cours de fermentation donnent un breuvage terne et fade. Et puis, vous la servez dans quoi cette alliance contre-nature entre la boisson de l'ouvrier et celle du patron, celle du supporter devant sa télévision et celle du vainqueur de la compétition ? Un gros bock en terre cuite ou une délicate flûte ? Avec des bretzels ou des toasts au saumon ?

Il manquerait plus qu'on nous sorte de la cancoillotte arômatisée à l'alcool de quetsch, ou des morceaux de mettwurscht dans les bouchées à la reine...

13 novembre 2007

Kings of the Parkings

Cela vous semblerait hallucinant qu'on construise une salle de concert sans penser au parking ? Hé bien, je ne sais pas si c'est un effet de la politique volontaire de la restriction du nombre de places disponibles pour encourager les étrangers à utiliser P+R et transports en communs ou bien si c'est une conséquence du chantier encore en cours, mais, à Luxembourg, c'est possible. De l'aveu de plusieurs personnes qui sont allées au concert de Mika hier soir à Esch sur Alzette, dont un lecteur très en colère contre la police grand-ducale qui a distribué des contraventions aux voitures mal garées, c'était l'enfer pour accéder à la Rockhal : 1h30 d'attente pour 1h15 de show, le ratio est un peu dur.

Luxembourg c'est le seul pays où on trouve un multiplexe cinématographique à la pointe de la technologie (projection 3D et numérique, THX dans toutes les salles, climatisation, et même double accoudoir pour pas se battre avec son voisin) sans parking gratuit à côté : il faut maintenant payer pour se garer chez Auchan le soir et le dimanche. Visiblement, c'est également un des rares endroit où une salle de concert d'envergure présente le même défaut ! On va mettre ça sur le compte de l'aménagement partiel de la zone Esch Belval, qui est, sinon, un projet assez réussi pour l'instant.

Enfin, en ce qui nous concerne, pour l'instant les concerts c'est plutôt du a capella à domicile avec notre castafiore personnelle, et les soirées ciné c'est des DVD découpés en tranches de 25 minutes...

12 novembre 2007

Globalitude

Enfin une chronique sans bébé, sans allaitement et sans poussette mais avec du Luxembourg dedans. Ouais...

Est-ce l'effet du mois de Novembre, de Halloween, de la fête des morts, du dernier mois de LGRCEDLC ? En tout cas, l'ambiance n'est pas super rigolote dans les Rotondes. C'est le moins qu'on puisse dire.

Dans la numéro 1, sous le titre trompeur de Global Multitude, on nous présente une petite dizaine d'installations, dont un squelette géant nommé habibi (sympa pour les photos des visiteurs), une voiture africaine, trois panneaux sur le Luxembourg, un moulin à prières encore plus géant que le squelette, trois portants à manteaux recouverts d'objets et un petit portique à roulettes en métal jaune. Qu'est-ce que tout cela veut dire ? Qu'est ce que ces oeuvres ont à voir entre elles et avec le thème commun de l'exposition ("les migrations comme facteur de l'identité culturelle"), à part la vidéo de l'entrée où des passants sont projetés sur des tapis, et celle de l'occidental vivant dans un palais chinois ? Le sommet de mon incompréhension est atteint avec le gâteau de chaussettes "image d'un dilemme entre profit personnel et partage citoyen". Ha bon. Bref, je n'ai pas compris. Enfin, ils ont bien dû s'amuser pour monter chacune des installations : "Tu t'occupes de mettre de la farine sur les 300 chaussettes de tennis pendant qu'on déballe la clavicule gauche du squelette avec Mario, Séb et Arnold ?. Et dépêche-toi, parce qu'il y a l'artiste chinoise qui doit bientôt passer la serpillière pour remplir son encrier"

Dans la Rotonde numéro 2, toujours pour capilotracter un peu plus le thème des migrations, on a fait travailler des enfants et des jeunes sur le thème du dernier voyage. Comprenez : la mort. J'ai bien aimé les expériences où les enfants racontent la vie d'une personne âgée en s'appuyant sur un objet confié par elle, ainsi que les vidéos où des enfants confrontent les comportements culturels face à un décès, et les boîtes à chaussure où ont été façonnées pâte à modeler les images personnelles de l'après (apparemment, une hypothèse qui tient la route chez les moins de 15 ans serait un paradis constitué de concerts ininterrompus de Tokio Hotel).

08 novembre 2007

Postérité relative


Quand j'étais adolescent, je jouais parfois à Civilization sur PC. A la fin du jeu, selon le score que vous aviez eu, on donnait votre nom à une maladie contagieuse, une planète, une rue ou une école.
En France, on a tendance à récompenser les grands hommes d'état en leur attribuant des porte-avions nucléaires qui terminent en épaves polluantes dont personne ne veut. Parfois, aussi, un président à droit à un musée avec canalisations apparentes (chouette) ou une très grande bibliothèque pour ranger des livres derrière des vitres en plein soleil ou dans des caves entourées d'eau (super-chouette).
Au Luxembourg, toute la famille grand-ducale, au même titre que les localités de la vallée des 7 châteaux, a droit à son nom délicatement peint près du cockpit d'un avion. Embraer, Fokker ou Q400, dans tous les cas ce n'est pas énormissime. Surtout si le Fokker connaît des problèmes à l'aterrissage. Mais la gratitude du peuple envers ses souverains ne s'arrête pas là, et on pourrait presque la juger, également, à l'aune de ce qu'on a baptisé de son nom :
Commençons par la gagnante hors-concours : la Grande-Duchesse Charlotte a eu droit dans la capitale à un pont, un boulevard, une statue et, c'est un peu le thème du moment, une maternité. Joli score. Il faut dire qu'elle a réussi à mettre son titre en jeu lors d'un référendum et qu'elle a encouragé la résistance durant la seconde guerre mondiale.
Son fils, Jean, a une avenue à Howald et, surtout, un musée d'art moderne qui expose de l'art contemporain mais qui est très joli quand même.
Son petit fils, l'actuel Grand-Duc Henri, a un boulevard dans le centre de Luxembourg et à Esch sur Alzette (du temps où il était prince, à moins qu'il ne s'agisse d'un autre Henri) et toutes les faces des pièces en euros, même s'il accepte d'en partager quelques une avec son fils ou son père. Sa soeur ainée (de Charlotte, la soeur de Henk c'est Marie-Astrid sur laquelle vous pouvez embarquer pour une croisière 3° âge sur la Moselle), Marie-Adélaïde, donc, a une rue à Luxembourg ville, à Pétange et Mondorf et une place à Ettelbrück. Pas top.
Si on remonte au premier des Grand-Ducs, Adolphe possède un grand pont de pierre qui enjambe la vallée de la Pétrusse entre le boulevard Royal et l'avenue de la Liberté (il y a un truc spécial ici entre les souverains et les ponts). Guillaume, premier du nom, a une avenue et le second une place avec une statue équestre.
Evidemment, j'ai certainement oublié un paquet de monuments, de places, d'édifices, de rues et d'avenues, mais je crois que cela donne un petit aperçu de cette particularité à laquelle on s'habitue : nommer les éléments de l'espace public par des prénoms ! Comme on va quand même arriver à un moment où il ne restera plus que des ronds points et des bretelles d'autoroute à baptiser, ça donnera des indications routières assez sympathiques...

07 novembre 2007

Maudit Body


Est-ce que quelqu'un a une explication scientifique pour m'aider à comprendre comment l'homme a pu concevoir un vêtement aussi démoniaque que le body croisé ? Rien que pour le présenter convenablement sur la photo, il m'a fallu 3 minutes. Je vous laisse imaginer mon air dubitatif la première fois que je me suis retrouvé à devoir en enfiler un à ma fille. J'avais toujours vu ça porté, pas défait. Et cela n'avait pas l'air aussi compliqué. Il n'y a que 7 boutons pressions, mais ça fait 13 moyens de se tromper pour un novice comme moi. Et encore, sans parler de l'ordre de boutonnage. Entre ceux qui se boutonnent sur le devant, à l'arrière, dans l'entrejambe, ça fait beaucoup.

Déjà, en temps normal, il y a de quoi rester circonspect. Alors imaginez si vous deviez délicatement habiller un paquet de 3 kg de nitroglycérine avec un tel vêtement. Je suis un peu excessif, mais je vous assure qu'un bébé sur une table à langer c'est pire que Pic Pirate. Quasiment le Salaire de la Peur. A tout moment, votre enfant peut se tendre de toutes ses forces et hurler à la mort alors que votre femme venait de réussir à le calmer. De façon tout aussi imprévisible, il peut se mettre à uriner ou projeter des excréments à travers la salle de bains (je ne sais pas comment on survit quand la commode à langer est installée dans la chambre de bébé). Evidemment, plus vous êtes hésitant et tendu, plus il faut de temps pour réaliser l'opération, et plus grands sont les risques d'accident. Une fois la couche remise, les conséquences sont certes moins fâcheuses, mais tant que bébé n'est pas remballé, difficile de se sentir complètement tranquille.

Et, j'allais oublier, s'il y a des spécialistes dans la salle, y a-t-il un moyen pour plier convenablement un tel vêtement SANS boutonner les 7 pressions ? Parce que là, tout confondu, entre le moment où on le range dans l'armoire, le moment où on l'enfile à Hélène et le moment où on le referme, on a vaguement l'impression de ne pas être au top de la productivité... J'ai l'impression d'avoir trouvé une solution intermédiaire en boutonnant les pressions paires (n°2, 4 et 6 dans l'ordre naturel croissant de boutonnage) mais je sens que tout ça va finir directement en vrac dans un carton, tant pis pour nos belles armoires.

06 novembre 2007

Anti Mythes


Entretenus par les films, les discussions de machine à café et les séries télé, certains mythes liés à la maternité subsistent dans l'inconscient collectif, surtout masculin. Fort de ma toute nouvelle expérience personnelle, et profitant d'un moment d'accalmie dans ma vie de jeune père, voici une petite sélection des idées reçues à jeter sur la maternité et la paternité :
  • J'ai déjà du mal à comprendre ma femme, alors qu'est-ce que ça va être avec les envies de grossesse : Ni fraises, ni camembert, ni café très sucré, ni gâteaux à la crème. Je n'ai constaté que deux envies chez ma femme lorsqu'elle était enceinte : l'envie que ça se termine et pas par une boucherie. Allez, je rajouterais quand même l'envie de filet américain mais vous pouvez priver n'importe quel Belge de ce plat pendant 9 mois et il présentera les mêmes symptômes, hormones ou pas.

  • Je ne vais pas aller faire le petit chien dans des cours de préparation à l'accouchement : Pas de chance, malgré notre assiduité et même nos cours en piscine, je n'ai jamais assisté à une respiration du petit chien (mais je suis imbattable en position "Diamant", en position assise sur un ballon et en bulles dans l'eau). L'important c'est plutôt d'expirer lentement et de contracter son périnée. Allez, tous ensemble, pour le bien de la santé publique, les lecteurs contractent leur périnée. Encore moins de chance, comme tout s'est terminé par une césarienne, on n'a pas trop mis en pratique. Vous pouvez relâcher votre périnée.

  • Je ne vais jamais arriver à trouver la maternité, et même si je la trouve je vais me perdre dans les couloirs : Entre les cours de préparation, les séances de respiration, les examens prénataux, les échographies, les Doppler, les prises de sang, les triples-tests et les CTG quotidiens en fin de parcours, lorsque vous arrivez à la maternité, si vous ne vous sentez pas en terrain connu, c'est que vous êtes partis en voyage d'affaire pendant plus de 6 mois. Une fois sur place, vous pourrez demander un lit de camp, aller vous faire des tisanes au fenouil dans la cuisine de l'étage et passer des heures dans un hôpital sans voir un seul malade. Il ne manque qu'un bar ouvert après 18h, mais ça peut s'arranger avec les frigos dans la salle de bain (comment ça c'est pour le lait et pas pour les bières ?)

  • Pourvu que ma femme ne perde pas les eaux dans ma toute nouvelle voiture-de-papa : En ce qui nous concerne, la césarienne programmée deux semaines à l'avance a enlevé une grande part du suspense. Mais dans les cas d'accouchement par voie basse (ha, la poésie de la terminologie médicale…), pour un premier bébé, le travail dure en moyenne une bonne dizaine d'heure avant l'expulsion. Donc, à moins d'insister pour terminer l'intégrale du Seigneur des Anneaux, vous devriez avoir le temps lorsque votre femme vous fait signe qu'il est temps d'y aller.

  • Déjà que je déteste découper le poulet, je ne me vois pas couper le cordon ombilical : en fait, le cordon est déjà bien sectionné par des pinces en plastique. Couper le cordon ça ne ressemble pas trop à un ruban d'inauguration ; ça tient plutôt du symbole. Là où c'est vraiment sport, par contre, c'est si vous restez candidat en cas de césarienne. Pour ma part, j'ai préféré rester du côté du drap où l'on ne voyait pas trop ce qui se passait. Pour soutenir ma femme bien sûr. Par contre, vous n'échapperez pas aux soins du moignon avant qu'il ne tombe. Beurk.

  • Si mon bébé n'est pas beau, je vais avoir la honte : C'est un paradoxe mais CHAQUE bébé est LE plus beau du monde. Et cela simultanément. Pour vous en convaincre, vous pouvez vous balader après l'accouchement avec votre petit landau à roulettes. Comme on le voit sur la photo ci-dessus, il est équipé de parois en plexiglas pour que tout le monde puisse bien observer. Dans les couloirs de la Maternité Grande-Duchesse Charlotte, et j'imagine partout ailleurs, on voit les papas, sortis soit-disant pour calmer leur rejeton, jeter un coup d'œil aux étiquettes scotchées sur l'avant du chariot, qui indiquent le prénom, la taille et le poids de l'enfant. Ca permet de comparer les scores de départ. Ensuite, vous regardez discrètement la tête du gamin et vous repartez avec un sourire discret. Dès le plus jeune âge, il est toujours possible de trouver pire : plus jaune (photo noir et blanc obligatoire pour les faire-part), plus déformé du crâne (option "pointe d'obus" pour les voies basses ou "casque de vélo" pour les césariennes), plus fripé (un bain de 9 mois laisse forcément des traces), plus poilu, plus amorphe, plus pelé, plus bruyant, moins réveillé, plus griffé… Si vraiment, votre bébé fait exception à la règle, vous pouvez toujours dire aux visiteurs qu'il tient beaucoup de votre belle-mère.

Je confirme un seul préjugé : les infirmières et les sages-femmes sont très gentilles et extrêmement dévouées. Surtout celles de la nuit. Encore merci à elles. Quand on y pense, ces femmes ont porté dans leur bras, lavé, changé et porté la grande majorité des habitants du Luxembourg. Je ne sais pas si elles se disent cela lorsqu'elles se promènent en ville... mais elles ont vu les fesses de bien des passants.

01 novembre 2007

Hélène


Bon, j'ai eu droit à un seul commentaire pour demander si on avait choisi le prénom en référence en hommage à Roch Voisine ou à Hélène Rolles. Mais je sais bien qu'il y en a plus que ça qui se sont retenus. Et c'est normal. Le krach de 1992 sur le cours du prénom Hélène est flagrant sur le graphique ci-dessus. C'est incroyable comme une chanson ou une série télé peuvent avoir de l'influence sur les choix des gens. C'est bien simple, ce prénom est devenu un des prénoms les plus rares ! Par exemple, il n'y en a eu que 6 en Meurthe et Moselle en 2003, ce qui fait pauvre si on compare aux blockbusters du moment : Léa, Manon, Margaux, Emma... championnes hors catégorie de l'état civil, qui feront des ribambelles en cours de récréation, comme le faisaient à mon époque les Nicolas, Stéphane et les Olivier (pour les filles, je ne sais pas, je ne jouais pas trop avec, à l'époque).

Alors, qu'est-ce qui peut pousser des parents responsables et sains d'esprit à ne pas prénommer leur enfant Clara, Océane, Nolwenn ou Lola-Lou ? Nous avons procédé, un peu comme tous les papas et mamans, en commençant par éliminer ce qui ne va pas : De mon côté, pas de prénom qui finisse en "-ique" ni en "-ine" et pas non plus de machin inventé en mélangeant les lettres sur le plateau du Scrabble. Pas de prénom composé non plus, ça fait trop indécis. Entre Charlotte et Marie, il faut choisir. Du côté de ma femme, pas de prénom qui se termine en "-a" et pas non plus de prénom qui fera ridicule à 30 ou à 60 ans. Et pas de prénom qu'il faut épeler à chaque fois qu'on le prononce. Evidemment, on essaie aussi d'éviter ceux déjà pris dans la famille. Et les importables (style Ségolène). Faites tourner la moulinette, ça fait un bon petit ménage.
Ensuite, on a établi une petite liste. Et puis on a choisi en dehors de la liste parce que sinon c'est pas drôle. Et surtout parce qu'on a vérifié les destins des saintes correspondantes, ou qu'on a réfléchi aux consonnances. Et que Hélène, c'est un prénom qui n'a vraiment comme seul défaut que d'avoir été porté par une héroïne de série télé et d'avoir été l'occasion d'une chanson d'amour d'un hockeyeur canadien au début des années 90. Il y a prescription, non ?
Alors Hélène, ma petite, quand tu auras l'âge de lire le blog de ton papa, tu pourras y voir qu'on a bien fait exprès de t'appeler comme cela parce que c'est un prénom qui est beau, simple, qui va à tout âge, et que Hélène était la femme la plus belle de toute l'antiquité. Sainte Hélène n'est pas morte décapitée après avoir été torturée par des barbares (ça n'a l'air de rien, mais on a vérifié les destins des saints et saintes des prénoms qu'on avait sélectionnés...). Tu sauras bien assez tôt qu'il y a d'autres chanteurs qui lui ont consacré des oeuvres largement plus écoutables (Julien Clerc, Georges Brassens) et des actrices qui ont incarné des Hélène un peu moins gourdes (Romy Schneider dans les Choses de la vie, pour ne citer qu'elle). Je t'épargne les Sonnets pour Hélène de Ronsard et l'opéra La Belle Hélène d'Offenbach. D'ailleurs, on n'est pas les seuls de cet avis, car une autre Hélène est née le même jour dans la même maternité, d'une mère qui s'apelait aussi Anne !
En attendant, j'entends que tu te réveilles. J'arrive.